Archive by Author | Домановић

Le guide (2/3)

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Le jour suivant, on rassembla les intrépides prêts à partir pour un lointain voyage. Plus de deux cents familles vinrent au lieu convenu, quelques-unes restèrent pour garder les anciens foyers.

C’était pathétique à voir, cette foule de pauvres gens qu’une cruelle infortune poussait à quitter la terre qui les avait vus naître et abritait les tombes de leurs aïeux. Ils avaient le visage décharné, marqué, tanné par le soleil; la souffrance accumulée au cours de dures années avait laissé ses traces et imprimé sur leurs traits les stigmates du dénuement et d’une accablante détresse. À cet instant, on vit briller dans leurs yeux une première lueur d’espoir, mais aussi un éclat de nostalgie pour le pays natal. Des vieillards poussaient des soupirs de désolation, secouaient la tête avec appréhension, de grosses larmes roulaient sur leurs visages ridés; ils auraient préféré attendre encore un peu, plutôt que de partir si promptement à la recherche d’une meilleure patrie – au moins auraient-ils laissé, eux aussi, leur malheureuse carcasse dans cette caillasse. Les femmes en pleurs prenaient congé des morts, dont on abandonnait les sépultures. Les hommes se défendaient de s’attendrir à leur tour et criaient: «Est-ce que vous tenez vraiment à continuer de crever la faim dans ce coin maudit, à vivre dans ces masures?» Cela eût-il été possible, ils auraient pourtant volontiers emporté avec eux tout ce coin maudit et ses misérables bicoques.

Comme toujours quand il y a foule, le brouhaha et le tapage régnaient. Les hommes autant que les femmes étaient au comble de l’énervement; les petits enfants, que leurs mères portaient sur le dos dans des couffins, s’étaient mis à brailler; l’agitation avait gagné jusqu’au bétail. Il était certes peu nombreux, mais enfin on apercevait ici une maigre vache, là une rosse efflanquée à la toison embroussaillée, avec une grande tête et de grosses pattes, sur laquelle on avait entassé force couvertures et sacoches ou chargé des paniers en travers d’un bât; chancelant pitoyablement sous son fardeau, elle résistait pourtant de toutes ses dernières forces, hennissant de temps à autre. On avait aussi bâté quelques baudets. Les gamins tiraient des chiens au bout de leur laisse. Ce n’étaient donc que discussions, cris, jurons, plaintes, pleurs, aboiements, hennissements; on entendit même, deux ou trois fois, le braiment d’un âne; mais le guide ne disait mot, comme si toute cette multitude et tout ce vacarme ne le concernaient nullement. Un vrai sage!

Toujours assis, la tête baissée, il se taisait et pensait; s’il crachota quelques fois, ce fut bien tout. Mais justement, ce comportement avait tellement accru sa popularité qu’ils étaient prêts pour ses beaux yeux, comme on dit, à tous les sacrifices. Tout le monde ou presque parlait peu ou prou en ces termes:

— Pardi, c’est qu’on en a de la chance d’être tombés sur un gars de cette trempe! On serait partis sans lui, Dieu nous en garde, ç’aurait été la débandade générale, la débâcle garantie! Mais lui, quelle intelligence! Il se tait, il n’a toujours pas prononcé un mot! disait l’un en regardant le chef avec vénération et fierté.

— Qu’est-ce qu’il pourrait bien dire? Quand on cause, c’est qu’on ne réfléchit pas beaucoup. La sagesse, c’est de se taire et de penser, ça va de soi!… ajoutait l’autre en lorgnant le chef avec une égale vénération.

— Ce n’est pas si facile, hein, de conduire une troupe aussi nombreuse! Il doit forcément penser, pour avoir pris sur lui une si lourde responsabilité! reprenait le premier.

Vint l’heure du départ. Ils attendirent encore un peu, au cas où quelque retardataire se serait avisé de partir avec eux. Comme plus personne ne se manifestait, il fallut bien se décider.

— On y va? demandèrent-ils au chef.

Celui-ci se leva sans un mot.

Les hommes les plus valeureux se regroupèrent aussitôt autour de lui; ils seraient ainsi à ses côtés en cas de coup dur et prendraient garde qu’il ne courût aucun danger.

Les sourcils froncés, la tête baissée, le chef se mit en marche en agitant dignement son bâton devant lui; la foule le suivit en lançant des vivats. Il fit encore quelques pas et heurta la balustrade de la maison communale. Là, naturellement, il s’arrêta, et la foule avec lui. Reculant légèrement, il tapa deux ou trois fois son bâton contre la balustrade.

— Qu’est-ce qu’on fait? demanda la foule.

Le guide se taisait.

Ceux qui se tenaient à ses côtés répondirent:

— Comment ça, qu’est-ce qu’on fait? Il faut renverser la balustrade! Voilà ce qu’on va faire! Tu vois bien qu’avec son bâton il indique ce qu’il faut faire!

— La porte, la porte! crièrent des enfants en montrant du doigt l’accès qui se trouvait du côté opposé.

— Chut, du calme, les enfants!

— Seigneur, qu’est-ce qu’on va devenir! s’exclamèrent des femmes en se signant.

— Taisez-vous, il sait ce qu’il faut faire. Renversons la balustrade!

En un clin d’œil elle vola en éclats, il n’en resta plus trace.

Ils poursuivirent.

Ils n’avaient guère franchi cent pas que le chef s’enfonça dans un épais buisson de ronces. S’en extirpant à grand-peine, il se mit à donner des coups de bâton à gauche, à droite. Tous attendaient, immobiles.

— Mais qu’est-ce qu’il y a encore? cria-t-on de l’arrière.

Ceux de la garde rapprochée recommencèrent à tonner:

— Qu’on se taille un passage à travers les ronces!

— Voilà un chemin derrière les ronces! Là, là, un chemin derrière les ronces! crièrent les enfants, comme d’ailleurs beaucoup de ceux qui étaient à l’arrière.

— Un chemin! Un chemin! persiflèrent rageusement ceux qui se tenaient aux côtés du chef. Et qui sait où il mène, espèces d’aveugles! Tout le monde ne peut pas commander. Lui, il connaît le meilleur et le plus court chemin! Qu’on passe en force dans les ronces!

Ils se ruèrent à l’attaque.

«Aïe!» geignirent les uns, des échardes plein les mains, «Aïe!» pleurnichèrent les autres, le visage tout griffé par les épines.

— On n’a rien sans mal, mon gars, répliquèrent les plus valeureux. Il faut savoir payer de sa personne quand on veut réussir.

Après beaucoup d’efforts, ils se frayèrent un chemin à travers les ronces, et continuèrent leur route.

Ils n’avaient pas marché longtemps qu’ils tombèrent sur les piquets d’une clôture.

Ils les flanquèrent par terre, et continuèrent leur route.

Ayant dû surmonter un certain nombre d’autres menus obstacles, ils parcoururent une assez faible distance ce jour-là. En outre, ils n’avaient qu’une maigre pitance: qui avait emporté du pain sec avec un peu de lard, qui seulement du pain pour tromper sa faim, ne fut-ce que de loin en loin, d’autres n’avaient pas même de pain. Dieu merci, c’était encore l’été: on pouvait trouver, ici ou là, des arbres fruitiers.

Le premier jour, donc, ils progressèrent peu, une grosse fatigue les accablait. Il ne se présenta guère de grands dangers, rien de malencontreux ne fut donc à déplorer. Il y eut bien quelques petits incidents — autant dire des bagatelles pour une entreprise de pareille envergure. Une femme s’était écorché l’œil gauche sur des épines: elle dut s’entortiller un linge humide autour de la tête. Un marmot s’était cogné les tibias contre un piquet: il boitait et pleurnichait. Un vieillard qui s’était pris les pieds dans les ronces se foula la cheville en tombant: on lui fit des compresses d’oignon écrasé; endurant héroïquement la douleur, appuyé sur sa canne, il allait vaillamment derrière le guide. (Dans la colonne, du reste, beaucoup disaient que l’entorse du vieux n’était que mensonge et faux-semblant, vu qu’il aurait bien voulu faire demi-tour.) Finalement, tout le monde ou presque avait des échardes plein les mains et des égratignures plein la figure. Les hommes supportaient stoïquement leur sort, les femmes maudissaient le moment où elles étaient parties; quant aux enfants, évidemment, ils pleuraient, ne saisissant pas que cette peine et cette souffrance allaient être richement récompensées.

À la satisfaction générale et à l’immense joie de tous, rien de fâcheux n’arriva au chef. Certes, pour être franc, il était sous haute protection, mais notre homme avait quand même une sacrée chance.

Lorsqu’on fit halte pour la nuit, on rendit grâce à Dieu de cette première journée qui s’était si bien passée, sans que le chef n’eût à subir la moindre infortune. L’un des hommes qui formaient la troupe des plus valeureux prit ensuite la parole. Son visage était tout éraflé par les ronces mais il fit comme si de rien n’était:

— Frères! commença-t-il, grâce à Dieu, nous avons franchi sans encombre cette première étape. Le chemin est ardu mais nous savons qu’il mène à la félicité. Écartons héroïquement tous les obstacles! Que Dieu clément et miséricordieux protège notre chef de toute adversité, afin qu’il nous guide encore et toujours avec le même succès!…

— Si ça continue, je vais perdre mon deuxième œil!… grogna avec irritation la femme qui s’était blessée à l’œil gauche.

— J’ai mal au pied! renchérit le vieux à la cheville foulée, encouragé par les rouspétances de la femme.

Les gosses ne cessaient de geindre et de pleurer; leurs mères arrivaient à peine à les faire taire pour qu’on entendît ce qui se disait.

— Parfaitement, tu vas perdre ton deuxième œil! s’énerva l’orateur. Qu’est-ce que ça peut faire? Ce n’est pas cher payé, qu’une femme perde ses deux yeux, quand il s’agit d’une si grande cause! Tu n’as pas honte? Est-ce que tu penses au bien et au bonheur de tes enfants? Même si la moitié d’entre nous doit y laisser sa peau, et alors? Un œil, ah! la belle affaire! À quoi te serviraient tes yeux, puisqu’il y a quelqu’un pour voir à notre place et nous conduire au salut? Tu crois peut-être que nous allons abandonner cette noble entreprise à cause de ton œil et de la cheville du grand-père!

On entendit des voix de toutes parts:

— Le vieux raconte des boniments! Son entorse, c’est du chiqué! Il veut rentrer, c’est tout!

— Frères, reprit l’orateur, ceux qui ne sont pas contents, ils n’ont qu’à rentrer, au lieu de se plaindre et de semer la zizanie. Quant à moi, je suivrai ce guide éclairé jusqu’à mon dernier souffle.

— Nous aussi, nous aussi, suivons-le tous jusqu’à notre dernier souffle!

Le chef se taisait.

Les gens se remirent à l’observer et à chuchoter:

— Il ne fait que ça: se taire et penser!

— Quel sage!

— Vise un peu le front qu’il a!

— Il fronce sans arrêt les sourcils!

— Un type sérieux!

— Un brave, ça se voit tout de suite.

— Un brave, et comment: la balustrade, les piquets, les ronces, il a tout terrassé. Il tape juste par-ci par-là avec son bâton, sans rien dire, les sourcils froncés; à toi de voir ce qui te reste à faire.

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Le guide (1/3)

— Frères! Camarades! Maintenant que j’ai écouté tous les discours, je vous demande de m’accorder votre attention. Discuter et se mettre d’accord ne sert à rien tant que nous restons dans cette région stérile. Rien ne pousse dans cette glaise et cette rocaille, même les années de pluie, alors qu’espérer par cette sécheresse, comme personne n’en a jamais connue!

L’orateur reprit:

— Jusqu’à quand va-t-on se réunir et parler pour ne rien dire? Le bétail est décimé par la disette, encore un peu et ce sont nos enfants qui mourront de faim en même temps que nous. Il faut s’y prendre autrement, d’une manière plus efficace, plus intelligente. Le mieux, c’est de quitter cette terre ingrate et de partir dans le vaste monde en chercher une meilleure, plus fertile, car on ne peut pas vivre comme ça.

Ainsi parlait l’un des habitants d’une région fort peu hospitalière, s’adressant, d’une voix épuisée, à la foule rassemblée.

Où et quand, cela n’est, je pense, d’aucune importance, pour vous comme pour moi. L’essentiel est de me croire; il suffit de savoir que cela s’est passé quelque part, un jour, dans une certaine contrée. À vrai dire, je tenais autrefois toute cette histoire pour pure invention de ma part mais, peu à peu, je me suis débarrassé de cette terrible illusion; tout ce que je vais ici raconter, j’en suis désormais convaincu, a bien dû se passer quelque part, un jour, et je n’aurais vraiment jamais pu l’imaginer.

Dans l’assistance, les visages étaient blêmes et hâves, les regards momes, voilés, hagards; les mains glissées sous la ceinture, tous écoutaient. Aux sages paroles de l’orateur, ils semblèrent revenir à la vie. Chacun se voyait déjà dans un pays enchanté, paradisiaque, où le rude et pénible labeur se paie toujours d’une abondante moisson.

— Bien dit, bien dit! murmurèrent de toutes parts des voix à bout de force.

L’une d’elles articula difficilement:

— Est-ce… que… c’est… loin?…

— Frères! commença quelqu’un d’un ton un peu plus ferme. Il faut sur-le-champ adopter cette proposition, car ça ne peut plus durer. On a trimé, sué sang et eau, et tout ça pour rien. On s’est saignés aux quatre veines pour pouvoir semer, mais là-dessus des trombes d’eau ont tout balayé, emportant les semis et la terre, seule la pierre nue a subsisté. Est-ce qu’on veut rester ici pour l’éternité, à travailler du matin au soir, à supporter la faim et la soif, à crever dans la misère?… Il faut partir chercher une terre meilleure, plus fertile, où notre rude labeur sera récompensé d’une opulente récolte.

Un murmure s’éleva:

— Partons, partons tout de suite, on ne peut pas vivre ici!

Aussitôt la foule s’ébranla, sans savoir où elle allait.

— Attendez, où allez-vous? reprit celui qui avait parlé le premier. Il faut partir, mais pas de cette manière. Il faut savoir où aller, sinon, au lieu de trouver le salut, on risque de tomber encore plus bas. Je propose qu’on élise un chef, que tout le monde devra écouter et qui nous guidera sur le bon chemin, le meilleur et le plus court.

— Qu’on l’élise, qu’on l’élise tout de suite!… lança-t-on de tous côtés.

Et tous aussitôt de se chamailler, c’était une vraie pagaille. Tout le monde parlait et personne n’écoutait personne — il était d’ailleurs impossible de s’entendre. Il y eut d’abord des conciliabules en petits groupes qui se désagrégèrent bientôt; puis ils se prirent par la main deux par deux: chacun s’adressait à l’autre et argumentait, chacun tirait l’autre par la manche et lui plaquait la main sur la bouche. Ils finirent par se regrouper et se remirent à parler tous en même temps.

Soudain, une voix forte s’éleva au-dessus du brouhaha général.

— Frères! Nous n’arriverons à rien avec pareilles méthodes. Tout le monde parle et personne n’écoute personne. Désignons un chef! Mais qui d’entre nous pourrions-nous bien choisir? Qui d’entre nous a suffisamment couru le monde pour en connaître les chemins? Nous nous connaissons bien, et moi le premier je n’oserais confier mon sort et celui de mes enflants à personne ici, dans cette assemblée. Dites-moi plutôt lequel d’entre vous connaît ce voyageur assis depuis ce matin dans l’ombre, là-bas, au bord de la route…

Le silence se fit, tous se tournèrent vers l’inconnu et se mirent à l’examiner de la tête aux pieds.

C’était un homme d’âge mûr, dont l’épaisse tignasse et la longue barbe laissaient à peine deviner le visage sombre. Il se tenait assis, se taisait comme il l’avait fait jusque-là et, vaguement pensif, tapotait par terre avec un gros bâton.

— Moi je l’ai vu hier, ce bonhomme. Il marchait dans la rue avec un jeune garçon qu’il tenait par la main. Hier soir, le gamin a traversé le village et s’en est allé, et lui, il est resté seul.

— Laisse donc ces détails sans importance, ce sont des bêtises, on n’a pas de temps à perdre. Peu importe qui il est, en tout cas c’est un voyageur qui vient de loin, puisque aucun d’entre nous ne le connaît; à coup sûr, il doit savoir quel est le plus court et le meilleur chemin pour nous guider. À mon avis, c’est quelqu’un de très intelligent, vu qu’il se tait et pense continuellement. Un autre que lui se serait déjà empressé de s’immiscer dans nos affaires, et plutôt dix fois qu’une, ou aurait engagé la conversation avec n’importe qui, alors que lui, tout ce temps-là, il est resté assis dans son coin sans rien dire.

— Pour sûr, notre homme se tait, il pense; il est très intelligent, ce n’est pas possible autrement, conclurent aussi les autres.

Et ils recommencèrent à jeter des regards sur l’étranger; chacun, d’après son allure, lui trouva quelque trait exceptionnel, quelque signe évident de sa prodigieuse intelligence.

Il n’y eut pas besoin de longs pourparlers pour en convenir: le mieux serait de prier ce voyageur d’être leur guide, lui que, disaient-ils, Dieu en personne avait envoyé pour les conduire dans le monde à la recherche d’une contrée plus amène et d’une terre plus riche; quant à eux, ils l’écouteraient sans conditions et se soumettraient à son autorité.

Une dizaine d’hommes fut désignée pour aller transmettre au sage étranger les mobiles de l’assemblée, l’informer du misérable sort qui était le leur et le prier d’accepter d’être leur chef.

Les dix se rendirent auprès de l’éminent personnage et s’inclinèrent humblement devant lui; l’un d’eux se mit à parler du sol stérile de la région, des années de sécheresse et de l’indigence dans laquelle ils se trouvaient, avant de terminer en ces termes:

— Cela nous pousse à quitter nos foyers pour partir dans le vaste monde chercher une patrie qui soit meilleure. Cette bonne idée nous est tout juste venue à l’esprit, et voilà que Dieu prend pitié de nous et t’envoie, ô sage et vaillant étranger, pour nous guider et nous sauver de la misère. Au nom de tous les habitants, nous te prions d’être notre chef; nous te suivrons où que tu ailles. Toi qui connais les chemins, toi qui es sûrement né sous des deux plus favorables, nous t’écouterons, nous nous soumettrons à chacun de tes ordres. Veux-tu, ô sage étranger, consentir à sauver du désastre un si grand nombre d’âmes, veux-tu être notre guide?

Le sage étranger, pendant tout le temps de cet émouvant discours, ne leva point la tête. Il conserva jusqu’à la fin l’exacte posture dans laquelle ils l’avaient trouvé: la tête baissée, les sourcils froncés, il se taisait, tapait sur le sol à petits coups de bâton et… pensait. Quand le discours fut terminé, sans changer de position, il lâcha à voix basse un «Oui» laconique.

— Nous pouvons donc partir avec toi chercher une meilleure patrie?

— Oui! répéta le sage étranger sans redresser la tête.

Des manifestations d’enthousiasme et de reconnaissance saluèrent ces paroles, mais le sage ne prononça pas un traître mot.

Les dix communiquèrent l’heureuse issue à l’assemblée, ajoutant qu’ils prenaient maintenant la véritable mesure de l’intelligence qui habitait cet homme.

— Il n’a pas bougé d’un pouce ni levé la tête, ne serait-ce que pour voir qui lui parlait. Il se tait et il pense, c’est tout; en réponse à nos discours et à notre gratitude, il n’a prononcé en tout que deux mots.

— Un véritable sage!… Une intelligence rare!… cria-t- on gaiement de toutes parts.

Ils affirmaient que Dieu lui-même l’avait envoyé tel un ange céleste pour les sauver. Tous étaient fermement convaincus que, sous la houlette d’un tel chef, le succès les attendait; rien au monde n’aurait pu les en dissuader.

Aussi fut-il confirmé à l’assemblée qu’on partirait dès le lendemain à l’aube.

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Méditations d’un bœuf ordinaire

Ce ne sont pas les merveilles qui manquent de par le vaste monde. Mais dans notre pays, comme chacun sait, il y en a tellement qu’elles n’ont plus rien de merveilleux. On trouve chez nous, à de très hautes fonctions, des gens qui ne pensent strictement rien; pour compenser, à moins que ce ne soit pour d’autres raisons, un simple bœuf des campagnes, que rien ne distingue des autres bœufs serbes, s’est mis à réfléchir. Dieu seul sait ce qui a bien pu se passer pour que ce génial bestiau se lance dans une entreprise aussi téméraire que l’exercice de la pensée! Car il est avéré qu’en Serbie, pratiquer cet art infortuné ne peut que vous créer des ennuis. Sans doute, dans sa naïveté, le pauvre diable ignore-t-il que cette activité, dans sa patrie, ne rapporte rien; sa lubie ne saurait donc être mise au compte d’un courage civique particulier. Il n’empêche que l’énigme reste entière: qu’a-t-il donc à raisonner, lui, un bœuf qui n’est ni électeur, ni conseiller communal, ni kmet, et que personne n’a élu député (ou, s’il a un certain âge, sénateur) d’une assemblée bovine? Et si le malheureux rêvait devenir ministre d’un pays de bœufs, alors il aurait dû, bien au contraire, s’exercer à penser le moins possible, en prenant exemple sur les éminents gouvernements de nations mieux loties que la nôtre qui, décidément, n’a pas de chance.

À la fin des fins, est-ce que cela nous regarde qu’un bœuf, quelque part en Serbie, ait repris à son compte un art abandonné des hommes? Après tout, penser est peut-être chez lui une disposition naturelle.

Mais de quel genre de bœuf s’agit-il donc? Un bœuf des plus ordinaire, avec — comme diraient les zoologues — une tête, un corps et des pattes, exactement comme ses congénères; il tire une charrette, broute de l’herbe, lèche du sel, rumine et beugle. Il s’appelle Sivonja.

Voilà donc comment il se mit à penser. Un jour, son maître l’attela au joug avec son comparse Galonja, entassa sur la charrette un lot de piquets — qu’il avait volés — et se rendit a la ville pour les vendre. Aux premiers faubourgs, le chargement était déjà écoulé. Le maître prit son argent, détela ses bêtes, les attacha, délia des fanes de maïs qu’il leur jeta et entra joyeusement dans une petite auberge pour s’y revigorer de quelques verres de gnôle bien mérités. Il y avait en ville quelque célébration: hommes, femmes, enfants couraient de tous côtés. Galonja, qui passait pour un sot parmi ses congénères, n’y prêtait pas la moindre attention; avec son sérieux habituel, il s’attaqua à son déjeuner, se sustenta copieusement, poussa quelques mugissements de satisfaction puis se coucha. Somnolant doucement, il entama ses ruminations. La foule bigarrée qui grouillait tout autour de lui le laissait complètement indifférent. Tranquillement, il somnolait, il ruminait. (Dommage qu’avec pareilles dispositions pour une brillante carrière, il n’ait pas été un homme.) Sivonja, lui, ne toucha pas à sa pitance. À son regard songeur et à sa triste mine, on savait du premier coup d’œil qu’on avait affaire à un penseur doté d’une âme tendre et sensible. Des gens, des Serbes, passaient à côté de lui, fiers de leur glorieux passé, de leur nom, de leur nation, et cette fierté se voyait à la droiture de leur maintien, à la raideur de leur démarche. À la vue d’un tel spectacle, Sivonja ressentit une incroyable injustice; le chagrin l’envahit, la douleur l’accabla. Il ne put supporter un sentiment si fort, si soudain, si violent: il laissa échapper un beuglement déchirant, ses yeux se remplirent de larmes. En proie à un indicible tourment, Sivonja se mit à penser:

«De quoi mon maître et ses compatriotes, les Serbes, sont-ils donc fiers? Pourquoi lèvent-ils la tête si haut et regardent-ils mon espèce avec tant de condescendance et de dédain?… Ils sont fiers de leur patrie, ils sont fiers que la clémence du destin les ait fait naître ici en Serbie. Mais moi aussi, ma mère m’a mis bas en Serbie. Non seulement c’est ma patrie et celle de mon père, mais mes aïeux et ceux de mon maître s’y sont établis ensemble après avoir quitté l’ancestrale terre slave. Pourtant, aucun de nous, les bœufs, ne s’en est jamais glorifié; en revanche, nous sommes toujours fiers de celui qui tire dans les montées les charges les plus lourdes. Jusqu’à aujourd’hui, aucun d’entre nous n’a jamais dit à un bœuf allemand: “Pour qui tu te prends, moi je suis un bœuf serbe, ma patrie c’est la fière Serbie, c’est ici que tous mes aïeux ont été mis bas, c’est ici, dans cette terre, que se trouvent les tombes de mes ancêtres.” Jamais nous ne nous en sommes vantés, Dieu nous en garde, ça ne nous a même pas effleuré l’esprit, tandis qu’eux, ils s’en font une gloire. Drôles de gens!»

À ces pensées, Sivonja secoua la tête, la clochette autour de son cou tinta, on entendit le joug craquer.

Ouvrant les yeux, Galonja meugla à son comparse:

— Tu recommences tes bêtises! Mange, espèce d’imbécile, et engraisse un peu, on te voit les côtes; si penser était une bonne chose, les hommes ne nous l’auraient pas laissée, à nous les bœufs. On n’aurait pas eu cette chance!

Sivonja lui jeta un regard de commisération, détourna la tête et se replongea dans ses méditations:

«Ils se glorifient de leur brillant passé. Ils ont Kosovo Polje[1], ils ont la bataille de Kosovo. Ah! la belle affaire, car là-bas, est-ce que ce n’étaient pas déjà mes aïeux qui tiraient pour leur armée la cantine et le matériel de guerre? Sans nous, les hommes auraient été bien obligés de s’acquitter tout seuls de cette tâche. Ils ont l’insurrection contre les Turcs. Grande et noble cause, mais qui a fait partie des insurgés? Ces crétins vaniteux, incapables de rien, qui se pavanent à côté de moi en fanfaronnant, ce sont eux, peut-être, qui ont déclenché le soulèvement! Il suffit de prendre l’exemple de mon maître. Lui aussi, il se glorifie de l’insurrection, il se vante bruyamment que son arrière-grand-père ait péri en héros dans la guerre de libération. Est-ce que le mérite lui en revient, à lui? Son arrière-grand-père avait le droit d’être fier, mais lui non; son arrière-grand-père est mort pour que son descendant, mon maître, puisse être libre. Et il l’est, mais il en fait quoi, de sa liberté? Il vole des piquets, grimpe sur sa charrette et c’est à moi de tirer tout le chargement, pendant que lui, il dort dans la carriole. Maintenant qu’il a vendu ses piquets, il boit de la gnôle, se tourne les pouces et s’attribue la gloire d’un brillant passé. Combien de mes aïeux a-t-on massacrés lors de l’insurrection, pour que les combattants aient de quoi manger? Est-ce que ce n’étaient pas encore mes aïeux qui, à l’époque, traînaient le matériel de guerre, les canons, la cantine, les munitions? Et pourtant, nous n’aurions jamais l’idée de nous parer des mérites qui sont les leurs, car nous n’avons pas changé, nous faisons aujourd’hui encore notre devoir, comme nos aïeux ont toujours fait le leur, consciencieusement, patiemment.

«Ils se flattent des souffrances de leurs ancêtres, de cinq cents ans de servitude. Mes semblables et moi, nous peinons depuis que l’espèce existe, et aujourd’hui, nous peinons toujours, nous sommes toujours asservis, ce n’est pas pour autant que nous avons jamais sonné le tocsin. Ils disent que les Turcs les ont torturés, massacrés, empalés. Mes aïeux aussi, ils ont été massacrés, par les Serbes autant que par les Turcs d’ailleurs… rôtis sur la broche… et qu’est-ce qu’on ne leur a pas encore fait subir…

«Ils sont fiers de leur religion mais ils ne croient à rien. Est-ce que c’est ma faute à moi, et à tous mes congénères si on ne nous admet pas dans la communauté des chrétiens? Leur foi leur prescrit “Tu ne voleras point” et que fait mon maître? Il vole et va boire l’argent qu’il a retiré de son forfait. Leur foi leur commande “Tu aimeras ton prochain” et que se font-ils les uns aux autres? Du mal, exclusivement. Chez eux, il suffit de ne pas causer de mal pour être le meilleur des hommes et devenir un exemple de vertu; évidemment, ça ne leur viendrait pas à l’esprit d’exiger que, en plus, ce meilleur des hommes fasse aussi quelque chose de bien. Voilà à quoi ils sont réduits: leurs parangons de vertu ne sont que de pacotille, qui se bornent à ne faire de mal à personne.»

Sivonja poussa un soupir si profond qu’un nuage de poussière s’éleva du chemin.

I reprit le cours de ses sombres méditations:

«Est-ce que nous ne sommes pas meilleurs qu’eux tous, moi et mes semblables? Je n’ai tué personne, n’ai médit de personne, n’ai rien volé à personne, je n’ai révoqué aucun fonctionnaire par pur arbitraire, n’ai pas créé de déficit dans les caisses de l’État, ne suis pas coupable de banqueroute frauduleuse, je n’ai jamais arrêté ni mis aux fers des innocents, je n’ai pas calomnié mes camarades, ni trahi mes principes de bœuf, ni porté de faux témoignage, je n’ai jamais, en bon ministre, causé de mal à mon pays, et outre que je n’ai jamais rien fait de mal, je fais même le bien à ceux qui me font du mal. A peine ma mère m’avait-elle mis bas qu’aussi-tôt ces gens méchants me prenaient jusqu’au lait maternel. Et l’herbe des prés, ce doit bien être pour nous, les bœufs, que Dieu l’a créée, pas pour les hommes, il n’empêche que même ça, ils nous l’enlèvent. Et nous, malgré tout ce qu’ils nous font subir, nous continuons de tirer les charrettes des hommes, nous continuons de labourer leurs champs et c’est grâce à nous s’ils ont du pain. Personne ne reconnaît pour autant les services que nous rendons à la patrie…

«Quant à manger maigre, leur religion leur ordonne, à eux les hommes, de respecter les jours de jeûne; or, même ce peu d’abstinence, ils ne le supportent pas, alors que moi et toute mon espèce nous faisons carême toute notre vie, depuis l’instant où ils nous arrachent au sein maternel.»

Sivonja baissa la tête, la releva l’air soucieux, renifla furieusement; on aurait dit que quelque chose d’important le tracassait. Tout à coup, il poussa un meuglement joyeux:

«Ça y est! J’ai trouvé! Ce doit être ça!»

Il poursuivit son raisonnement:

«Oui, c’est ça: ils sont fiers de leur liberté et de leurs droits civiques. Il faut que j’y réfléchisse sérieusement.» Mais il avait beau penser tant et plus, quelque chose clochait.

«En quoi consistent-ils, leurs droits? Que la police leur ordonne de voter, ils votent; nous aussi, nous pourrions en faire autant et meugler “Pour! Pour! Pour!” Mais s’ils n’en reçoivent pas l’ordre, ils n’ont pas le droit de voter ni de se mêler de politique, exactement comme nous. Ils supportent sans broncher le cachot et les coups, sans qu’ils aient rien fait de mal. Nous au moins, nous beuglons et nous remuons la queue; eux, ils n’ont même pas ce courage civique.»

Sur ces entrefaites, le maître sortit de l’auberge. Ivre, titubant, les yeux troubles, il balbutiait des mots incompréhensibles. Il zigzagua vers la charrette.

«Voilà comment ce fier descendant use de la liberté que ses ancêtres ont conquise en versant leur sang. Bon, d’accord, mon maître est un ivrogne et un voleur, mais les autres, à quoi leur a-t-elle servi, leur liberté? À ne surtout rien faire, à se vanter du passé de leurs ancêtres et à s’attribuer leurs mérites, auxquels j’ai une petite part quand ils n’en ont aucune.

«Nous les bœufs, nous sommes restés bons travailleurs, assidus, utiles, autant que l’étaient nos aïeux. Nous sommes des bœufs, c’est un fait, mais nous pouvons être fiers de notre dur labeur et des mérites qui nous reviennent.»

Poussant un gros soupir, Sivonja tendit le cou pour recevoir le joug.

 

Source: Domanović, Radoje, Au fer rouge, Non lieu, Paris, 2008 (traduit par Ch. Chalhoub).

 

[1] Lieu de la bataille de Kosovo contre les Turcs en 1389. (N.d.T.)

Soldat um jeden Preis

Es war für mich die Zeit gekommen, einzurücken, aber niemand rief mich zu den Fahnen. Ein patriotisches Gefühl bemächtigte sich meiner und ließ mich Tag und Nacht nicht zur Ruhe kommen. Ich ging durch die Straßen und ballte meine Fäuste, und wenn ein Ausländer vorüberging, knirschte ich mit den Zähnen und mußte mich gewaltsam zurückhalten, ihn am Kragen zu packen und ihm eine herunterzuhauen. Alle Nächte träumte ich, daß ich den Feinden die Kehle durchschnitt und mein Blut für das Vaterland vergoß. Ich konnte meine Einberufung kaum erwarten; aber ich wartete vergebens. Ich sah zu, wie man andere an der Brust packte und sie in die Kaserne stopfte, und ich beneidete sie.

Eines Tages bekam ein alter Mann, der zufällig genauso hieß wie ich, den Gestellungsbefehl. Das Schreiben war in scharfem Ton gehalten und forderte den alten Mann auf, sich als Fahnenflüchtiger unverzüglich der Kommandantur zu stellen.

„Wieso fahnenflüchtig?“ fragte der Alte. „Ich habe an drei Kriegen teilgenommen und wurde mehrmals verwundet. Hier, sehen Sie!“ Er zeigte seine Narben.

„Das ist alles schön und gut, trotzdem müssen sie zum Kommandanten.“

Der Kommandant jagte ihn hinaus.

„Was suchst du hier, du alter Esel?“ schrie er ihn an, und der Alte konnte noch von Glück reden, daß er keine Schläge bekam. Hätte man den Alten nicht auf diese Weise hinausgejagt, wäre ich in meiner heißen Liebe zum Kasernenleben geneigt gewesen, zu glauben, daß die Protektionswirtschaft schon allzu weit gediehen sei.

Meine übermächtige unerfüllte Begierde trieb mich in eine schwere Depression. Sooft ich an einem Offizier vorbeiging, stampfte ich auf und hieb meine Füße so fest aufs Pflaster, daß mir die Sohlen wehtaten, nur um als guter Soldat aufzufallen, aber vergeblich. Man schien mich einfach vergessen zu haben.

Die Ungewißheit machte mich so fertig, daß ich mich hinsetzte, um eine Bittschrift zu verfassen, in der ich um Aufnahme in die Armee ansuchte. Ich legte mein ganzes heißes patriotisches Gefühl in diesen Brief und schloß mit den Worten: „Ach, Herr Kommandant, wenn Sie wüßten, wie mutig mein Herz schlägt und wie mir das Blut in den Adern kocht, und nur in Erwartung der langersehnten Stunde, in der man mich zur Verteidigung der Krone und des Vaterlandes ruft, zum Verteidiger der Freiheit und der serbischen Altäre und zum Rächer der Schlacht auf dem Amselfeld.“

Ich verzierte die Bittschrift mit Ornamenten, wie man ein Liebesgedicht verziert, und war sehr zufrieden mit meiner Arbeit. Noch ganz gerührt von meiner großen Hoffnung stand ich auf und ging schnurstracks zur Kommandantur.

„Kann ich zum Herrn Kommandanten?“ fragte ich den Soldaten, der am Tor stand.

„Ich weiß nicht“, sagte er gleichgültig.

„Ich bitte dich, geh zu ihm und sage ihm: es ist einer gekommen, der in die Armee aufgenommen werden will.“ Ich glaubte, daß er mir liebenswürdig zulächeln und gleich zum Kommandanten stürzen würde, um die Ankunft eines neuen Soldaten zu melden; daß der Kommandant mir in der Tür entgegentreten, die Hand auf die Schulter legen und ausrufen würde: „Bravo, mein Falke! Komm nur zu uns!“

Stattdessen sah der Soldat mich mitleidig an, und sein stummer Blick schien zu sagen: Du armer Idiot, du wirst es noch bereuen. Damals verstand ich seinen Blick natürlich nicht, ich wunderte mich nur, warum er mich so ansah.

Lange stand ich vor der Tür, ging umher, rauchte, saß, spuckte auf den Boden, schaute durchs Fenster hinein, gähnte und unterhielt mich mit den Bauern, die ebenfalls auf Einlaß warteten. In den Büros ging es sehr lebendig zu: man hörte Rumoren, Schreien und Fluchen. Ununterbrochen wurden Befehle gegeben und alle Korridore hallten von dem Ruf: „Jawoll!“ Sobald der Befehl und das „Jawoll“ mehrmals wiederholt worden waren, immer vom Vorgesetzten zum Untergebenen, sah man den jüngsten Gemeinen über den Korridor schnellen und in ein anderes Zimmer stürzen, wo sich der Ruf von neuem fortpflanzte. Es war herrlich zuzusehen.

Plötzlich läutete es im Zimmer des Kommandanten. Der Gemeine trat ein. Man hörte drinnen dumpfes Gemurmel, dann schrie der Soldat aus vollem Hals: „Jawoll!“ Darauf erschien er ganz rot vor Eifer und gab einen Seufzer der Erleichterung von sich, darüber, daß er die Angst überstanden und alles glänzend erledigt hatte. Er rief: „Wer will, kann zum Herrn Kommandanten kommen!“ Dann wischte er sich den Schweiß von der Stirn.

Ich ging als erster hinein. Der Kommandant empfing mich an seinem Schreibtisch sitzend und rauchte eine Zigarre.

„Guten Tag“, begrüßte ich ihn.

„Was gibts?“ fragte er mit Donnerstimme, und mir war, als würden mir plötzlich die Beine abgeschnitten. Ich schwankte, und nachdem ich mich ein bißchen erfangen hatte, gab ich zurück: „Warum schreien Sie so, mein Herr?“

„Du willst mich belehren? Marsch hinaus!“ schrie er und stampfte mit dem Fuß.

Ich spürte am ganzen Körper kribbeln wie von Ameisen, und es war mir, als sei mein patriotisches Gefühl mit kaltem Wasser begossen worden. Aber ich hoffte, daß alles sich ändern würde, sobald ich ihm den Grund meines Kommens erklärte.

„Ich bin gekommen, um meiner Wehrpflicht zu genügen“, sagte ich voll Stolz, pflanzte mich kerzengerade vor ihm auf und sah ihm direkt in die Augen.

„Ah, Deserteur!“ schrie er. „Warte nur! Solche Vögel machen uns besondere Freude!“ Er drückte auf den Klingelknopf.

Die Tür ging auf, und herein trat der Feldwebel. Er ging, als hätte er einen Besen geschluckt, mit weit aufgerissenen Augen, die Hände an die Schenkel gepreßt. Er trampelte so auf, daß ich Ohrensausen bekam. Dann blieb er stehen, trampelte noch einmal auf und versteinerte. „Zu Befehl, Herr Oberst!“

„Den Kerl da mitnehmen, Kopf kahlscheren, einkleiden und einsperren.“

„Jawoll!“

„Hier ist meine Bittschrift, ich bitte Sie“, stammelte ich und begann zu zittern. „Ich bin kein Deserteur, ich komme freiwillig zur Armee.“

„Du bist kein Deserteur? Was willst du dann mit dieser Bittschrift?“

„Ich möchte Soldat werden.“

„Natürlich. Der Herr will zur Armee. Hm, hm. So. Ganz einfach von der Straße weg und, hops, in die Kaserne, um sich der Pflicht schnell zu entledigen, als wäre hier ein Jahrmarkt.“

„Aber mein Jahrgang ist doch dran!“

„Ich kenne dich nicht und ich will nichts davon hören“, begann der Kommandant, unterbrach sich aber, als ein anderer Offizier mit einem Bündel Akten unter dem Arm eintrat.

„Sehen Sie bitte in der Rekrutenliste nach, ob der da eingetragen ist“, sagte er zu dem Offizier, zeigte auf mich und fügte, ohne mich anzusehen, hinzu: „Wie heißt du?“

Ich überreichte ihm meine Bittschrift.

„Was soll ich mit dem Dreck?“ schrie er und schlug mit der Handfläche auf meine Ornamente. Das Papier flatterte zu Boden.

Mein armer lyrischer Stil! dachte ich und vergaß vor Trauer meinen Namen zu sagen.

„Wie heißt du? Bist du taub?“

„Radisaw Radosawlewitsch.“

„Sehn Sie im Kataster nach“, befahl der Kommandant dem Offizier.

„Jawoll!“ Der Offizier ging in seine Kanzlei und sagte dort zu einem jüngeren Offizier: „Sehn Sie im Kataster nach, ob sich dort ein gewisser Radisaw befindet.“

„Jawoll!“ schrie der jüngere Offizier und ging auf den Korridor, wo er dem Feldwebel den Befehl weitergab.

„Jawoll! Jawoll!“ echote es immer weiter im Korridor. Der Feldwebel befahl es dem Unteroffizier, der Unteroffizier einem Gefreiten, und der befahl es einem Gemeinen.

„Kataster! Kataster!“ donnerte es durch das ganze Gebäude. Man begann schwere Aktenbündel auf die Tische zu werfen. Die Blätter rauschten, es wurde fieberhaft gearbeitet.

In derselben Reihenfolge, in der der Befehl weitergegangen war, kam auch die Antwort zurück, nur umgekehrt. Der Feldwebel kam zum Kommandanten.

„Also?“

„Bitte Herrn Oberst melden zu dürfen, daß der betreffende Soldat laut Kataster verstorben ist.“

Ich war einer Ohnmacht nahe, und beinahe bereit zu glauben, daß die Meldung stimmte.

„Dieser Soldat ist gestorben“, sagte der Kommandant.

„Aber ich lebe!“ stieß ich ängstlich hervor. Es kam mir vor, als ginge es tatsächlich um mein Leben.

„Hinaus! Marsch! Für mich bist du tot! Du existierst nicht auf der Welt, solange deine Heimatgemeinde dich nicht anmeldet.“

„Aber Herr Oberst… ich versichere… daß ich derjenige bin… ich bin gar nicht tot… ich bin hier.“

„Hinaus! Du wagst es, mir einzureden, daß der Kataster nicht stimmt?“

Es blieb mir nichts anderes übrig als zu gehen. Ich kehrte nach Hause zurück — ich lebte in einem anderen Ort — und versuchte mehrere Tage hindurch, mich zu erholen. Die Lust, Bittschriften zur Aufnahme in die Armee zu verfassen, war mir vergangen.

Seit jenem Ereignis waren kaum drei Monate vergangen, als in unserer Gemeinde ein Akt der Kommandantur eintraf, worin verlangt wurde, mich binnen vierundzwanzig Stunden in die Kaserne zu liefern.

„Du bist ein Deserteur“, sagte mir ein Hauptmann, bei dem ich vorgelassen wurde.

Ich erzählte ihm meine Geschichte.

„Gut. Dann geh nach Hause und bleibe dort, bis die Sache geklärt ist.“

Ich ging. Kaum war ich aber in meinen Ort zurückgekehrt, als mich von einer anderen Kommandantur die Einberufung erreichte. Dort teilte man mir mit, daß ich irrtümlich in die Listen eingetragen worden sei und mich umgehend bei meiner eigenen Kommandantur melden solle. Ich ging in meine Kommandantur und erklärte dort, daß die Kommandantur in M. mich veranlaßt habe, mich hier in K. zu melden.

„Warum bist du dann hergekommen?“

„Ich war zuerst dort, und von dort hat man mich hierher geschickt“, begann ich auseinanderzusetzen.

„Was willst du denn da erklären?“ schnauzte man mich an.

„Wir werden doch besser wissen, wie das alles vor sich geht. Du gehst jetzt schleunigst nach M., dort muß man dich von der Liste streichen und dir eine Bestätigung geben, mit dieser Bestätigung kommst du dann zu uns.“

Ich ging also nach M., dann wieder nach K., und dann wieder nach M. Es wurden viele Befehle gegeben und viele Jawolls geschrien und am Ende stellte sich heraus, daß mich niemand gerufen hatte.

Ich fuhr nach Hause. Dort erwartete mich ein Akt aus M., in dem betont wurde, daß dies schon die zweite Einberufung sei, und daß ich unter schwerster Bewachung sofort hinzubringen sei. So geschah es, und ich diente in M. meine zweijährige Militärzeit ab.

Seither sind fünf Jahre vergangen, und ich hatte schon vergessen, daß ich einmal Soldat war, als man mich eines Tages in die Gemeinde rief. Auf dem Gemeindetisch lag ein zehn Kilo schweres Aktenbündel, geheftet und verschnürt und dann noch in zwei Teile geteilt.

„Ich habe den Befehl, Sie in die Kommandantur zu schicken“, sagte der Gemeindesekretär.

„Schon wieder?“ rief ich angsterfüllt und sah ungläubig auf den Akt. Es war ein Akt mit ein paar hundert Unterschriften, Befehlen, Erklärungen, Anklagen, Antworten, Bestätigungen der geistlichen Behörde, der Schule, ärztlichen Attesten und noch einigem mehr. Aus alldem ging hervor, daß meine Existenz endlich offiziell festgestellt worden war und daß ich demnach nach K. zu kommen habe, um meine Militärzeit abzudienen.

 

Quelle: Dor, Milo (red.), Genosse Sokrates. Serbische Satiren, E. Hunna Verlag, Wien 1963. (Übersetzt von M. Dor und R. Federmann)

Die Aufhebung der Leidenschaften

Wir Serben haben Gott sei Dank all unsere Angelegenheiten in Ordnung gebracht, so daß wir in verdienter Muße gähnen können, solange wir wollen, dösen oder uns auf dem Diwan räkeln. Wenn uns auch das zu langweilig wird, werfen wir zum Spaß einen Blick über unsere Grenzen, um zu sehen, wie es in den anderen unglücklichen Ländern zugeht. Man sagt — Gott bewahre uns davor! —, daß es Länder gibt, in denen die Menschen immer streiten und für irgendwelche Rechte, Freiheiten und Sicherheiten Blut vergießen. Man bekommt eine Gänsehaut, wenn man an jene Unseligen denkt, die ihre Angelegenheiten noch immer nicht in Ordnung gebracht haben, während wir sogar schon dazugekommen sind, uns um die Zustände in China und Japan zu kümmern. Jeden Tag entfernen wir uns weiter von unserem Land, und wenn es so weitergeht, werden die Journalisten ihre Berichte bald vom Mars, vom Merkur oder wenigstens vom Mond schicken.

Auch ich bin Mitglied dieses glücklichen Volkes und will nun, um der Mode Genüge zu tun, von einem fernen Land berichten und von Dingen, die sich dort vor langer Zeit zugetragen haben. Man weiß nicht genau, wo dieses Land lag und wie das Volk hieß; sicher ist nur, daß es nicht in Europa lag, und daß es keine Serben waren: alle Historiker der älteren Schule sind sich darüber einig; die der neueren werden darum wahrscheinlich das Gegenteil behaupten. Im übrigen geht uns die Sache nichts an und ich lasse sie daher fallen auf die Gefahr hin, gegen den allgemeinen Brauch zu verstoßen, von Dingen zu reden, die man nicht versteht, und Dinge zu tun, für die man nicht zuständig ist.

Es steht jedenfalls fest, daß jenes Volk sehr verdorben war, voller Laster und böser Leidenschaften, von denen diese Geschichte handelt. Man wird mir wahrscheinlich gar nicht glauben, daß es jemals so verdorbene Menschen gegeben hat: ich möchte deshalb betonen, daß mein Bericht sich auf dokumentarische Unterlagen stützt. Hier in wortgetreuer Übersetzung einige vertrauliche Mitteilungen, die bei verschiedenen Ministerien eingelaufen sind:

„Der Landwirt N. N. aus K. ist heute nach der Feldarbeit in einem Gasthaus eingekehrt, er hat dort Kaffee getrunken und mit sichtlicher Leidenschaft Zeitungen gelesen, in denen die Regierung angegriffen wird…“

„Der Lehrer T. aus B. pflegt, sobald er die Schule verläßt, Bauern um sich zu versammeln, in der Absicht, sie zur Gründung eines Gesangvereins zu überreden. Dieser Lehrer spielt außerdem mit seinen Schülern und Lehrlingen Murmeln, so daß er als sehr schädlich und gefährlich anzusehen ist. Einigen Bauern hat er aus Büchern vorgelesen und sie überdies dazu angestiftet, selbst Bücher zu kaufen. Dieser schlechte Mensch wird auf die Dauer unerträglich. Er verdirbt die ganze Umgebung, indem er den ruhigen und anständigen Bürgern erzählt, das höchste Gut sei die Freiheit, und sie dazu aufhetzt, die Freiheit zu verlangen. Er raucht auch leidenschaftlich und spuckt während des Rauchens auf den Boden.“

„Der Priester D. aus S. ist heute nach der Messe in die Nachbarstadt gegangen, um dort einer politischen Versammlung beizuwohnen.“

„Der Richter S. ist heute für die Neuwahl des Gemeinderats eingetreten. Dieser lasterhafte Richter bezieht ständig die oppositionelle Zeitung, welche er leidenschaftlich liest. Er hat es auch gewagt, einen Bauern freizusprechen, welcher der Amtsehrenbeleidigung, begangen dadurch, daß er vor Zeugen erklärt hat, er wolle nicht mehr im Laden des Ortsvorstehers Gabor einkaufen, angeklagt war. Item derselbe Richter sieht sehr nachdenklich aus, ein klarer Beweis dafür, daß er voller Laster steckt und über eine großangelegte Verschwörung gegen das Regime grübelt. Man müßte ihn der Beleidigung des Staatsoberhaupts überführen, denn er kann keineswegs ein Freund der Dynastie sein. Er verkehrt nämlich im Kaffeehaus eines gewissen Mohr, dessen Großvater ein intimer Freund des Bruders jenes Leon war, der seinerzeit den Aufstand gegen den Großvater des heutigen Staatsoberhauptes angezettelt hat.“

Es gab noch schlechtere Menschen in jenem unglückseligen Land. Man lese nur folgende Anzeige:

„Der Rechtsanwalt in G. hat einen armen Mann vertreten, dessen Vater im vorigen Jahr umgebracht worden ist. Dieser Rechtsanwalt trinkt leidenschaftlich Bier und geht auf die Jagd. Und was noch schlimmer ist: er hat einen Verein zur Unterstützung armer Leute gegründet. Diese freche Mißgeburt erzählt überall herum, die staatlichen Spitzel seien schlechte Menschen.“

„Professor T. ist heute mit wildfremden Kindern durch die Stadt gelaufen und hat bei einem Gemüsehändler Birnen für sie gestohlen. Gestern hat er mit einer Schleuder nach Tauben geschossen und dabei das Fenster eines staatlichen Gebäudes zertrümmert. Das könnte man ihm noch nachsehen. Aber er besucht regelmäßig politische Versammlungen, wählt bei allen Wahlen, unterhält sich darüber mit den Bürgern, liest Zeitungen und spricht von staatlichen Krediten. Das Register seiner Sünden gegen den Unterricht ließe sich noch beliebig erweitern.“

„Die Handwerker in W. haben einen Leseraum gegründet und versammeln sich jeden Abend dortselbst. Diese Leidenschaft hat tiefe Wurzeln geschlagen, besonders bei den Jüngeren, während sich die Älteren mit dem Gedanken tragen, außer dem Leseraum noch einen Pensionsfonds für Handwerker zu gründen. Dies kann in unserer Gegend nicht geduldet werden, da es alle Menschen, die nicht auf die Regierung schimpfen, verderben würde. Einige Handwerker haben sogar die Erhöhung ihrer Löhne verlangt.“

„Die Bauern in P. verlangen Gemeinde-Autonomie.“

„Die Bürger in T. verlangen das freie Wahlrecht.“

„Viele der hiesigen Beamten verrichten gewissenhaft ihre Arbeit, einer von ihnen spielt sogar Flöte und kann Noten lesen.“

„Der Schreiber Miron tanzt leidenschaftlich bei allen Veranstaltungen und ißt zum Bier Salzmandeln. Man müßte ihn aussiedeln, um ihn von diesen Lastern zu kurieren.“

„Die Lehrerin Hella kauft jeden Morgen Blumen und verdirbt dadurch die ganze Umgebung, besonders die ihr anvertraute Schuljugend.“

Wer könnte all die grausamen Leidenschaften jenes unglückseligen Volks aufzählen? Es genügt zu sagen, daß es in dem ganzen Land nur zehn anständige und ehrsame Menschen gab, und daß alles andere, Männlich und Weiblich, Jung und Alt, verdorben war, von Grund auf, wie man zu sagen pflegt.

Man kann sich vorsteilen, wie es jenen zehn braven Menschen inmitten dieses verdorbenen Volkes ums Herz war: schwer, sehr schwer. Vor allem deshalb, weil sie gezwungen waren, dem Verfall ihres Landes, das sie über alles liebten, zuzusehen. Sie schliefen Tag und Nacht nicht, sondern überlegten immerzu, wie sie ihre sündigen Mitmenschen bessern und ihr Land vor dem Untergang retten könnten. Voll heißer Vaterlandsliebe, voller Tugenden und Edelmut nahmen sie alle Opfer auf sich. Eines Tages, als alle anderen Mittel fehlgeschlagen waren, brachten sie das allerschwerste Opfer und wurden Minister. Sie waren gebildete Leute, trotzdem fiel es ihnen nicht leicht, das Land von Sünden und Leidenschaften zu säubern. Endlich kam der Dümmste von ihnen (in jenem Lande bedeutete das: der Klügste) auf die Idee, ein Parlament einzuberufen und es nur mit Ausländern zu beschicken. Die übrigen Kabinettsmitglieder griffen diesen Vorschlag begeistert auf und mieteten auf Staatskosten etwas über zweihundert Ausländer, die sich gerade geschäftehalber im Lande aufhielten. Wer von den Ausländern sich zur Wehr setzte, wurde mit Gewalt ins Parlament gebracht. So traten einige hundert Ausländer zusammen, um als Vollstrecker des Volkswillens über das Wohl des Landes zu beraten. Es wurden auch gleich Wahlen ausgeschrieben, die das eingesetzte Parlament bestätigen sollten, und so geschah es, denn dies war der Brauch in jenem Lande.

Es begannen die Parlamentssitzungen. Man redete und debattierte, es war nicht leicht, so schwierige Probleme zu lösen. Trotzdem ging alles flott vor sich, nur sobald die Rede auf die Leidenschaften kam, stieß man auf Schwierigkeiten. Bis eines Tages einer der Abgeordneten die geniale Idee hatte, ein Gesetz vorzuschlagen, nach dem alle Leidenschaften im Lande aufgehoben werden sollten.

„Es lebe der Redner! Er lebe hoch!“ donnerte der ganze Saal.

Es wurde folgender Beschluß gefaßt:

„In der Einsicht, daß die Leidenschaften für das Volk schädlich sind, fühlt sich die Volksvertretung bewogen, dem neuen Gesetzeswerk noch einen Zusatz anzufügen:

,Von heute an hören alle Leidenschaften auf; sie werden als schädigend für Volk und Land aufgehoben. ‘“

Es waren seit diesem denkwürdigen Beschluß kaum fünf Minuten verstrichen, und niemand außer den Volksvertretern wußte noch davon, als eine merkwürdige Verwandlung mil dem ganzen Volk vorging. Ich glaube, es wird genügen, wenn ich hier einige Stellen aus einem Tagebuch jener Zeit übersetze:

„Ich habe immer leidenschaftlich geraucht. Sobald ich aufwache, muß ich nach einer Zigarette greifen. Eines Tages wache ich auf und taste wie gewöhnlich nach der Zigarettenschachtel. Irgendwie fühle ich mich nicht ganz wohl (in diesem Augenblick hat jener Abgeordnete den Gesetzesvorschlag eingebracht, Anm. d. Autors), und plötzlich spüre ich meine Hund zittern, und die Zigaretten fallen zu Boden; ich sehe sie mit Widerwillen an und spucke aus… ich werde nicht mehr rauchen, denke ich und wende meinen Blick von diesem abscheulichen Gift. Während ich mich noch über meine Verwandlung wundere, gehe ich in den Hof hinaus, und was seh’ ich dort? Mein Nachbar, ein eingefleischter Säufer, der es nicht eine Stunde ohne Wein aushalten konnte, steht kerzengerade und nüchtern da und kratzt sich am Hinterkopf.

,Da ist der Wein‘, sagt der Diener und reicht ihm wie gewöhnlich die Flasche.

Mein Nachbar greift nach der Flasche und schleudert sie auf den Boden, daß sie in tausend Stücke zerspringt.

,Ein gräßliches Gesöff!‘ ruft er voll Abscheu. Dann bittet er um Süßigkeiten und Wasser. Seine Frau beginnt über die wunderbare Errettung ihres Mannes Freudentränen zu weinen. Ein anderer Nachbar, der immer ein leidenschaftlicher Zeitungsleser gewesen ist, sitzt merkwürdig verwandelt an seinem Fenster.

,Haben Sie Ihre Zeitung noch nicht bekommen?‘ frage ich.

,Ich kann so etwas Langweiliges und Abgeschmacktes nicht mehr sehen‘, gibt er zur Antwort. ,Ich überlege gerade, ob ich mich dem Studium der griechischen Grammatik oder der Archäologie zuwenden soll.‘

Ich gehe auf die Straße, und die ganze Stadt scheint verwandelt zu sein. Ein verbissener Politiker, der gerade zu einer Versammlung gehen wollte, kehrt plötzlich um und läuft eilig nach Hause. Auf meine Frage erklärt er, er halte es für weitaus wichtiger, zu Hause einige Bücher über Landwirtschaft und Industrie herzunehmen, um seine Kenntnisse zu vervollkommnen.

Ganz verdutzt kehre ich nach Hause zurück, um einen Leitfaden der Psychologie zu Rate zu ziehen. Ich will das Kapitel ,Leidenschaften‘ nachschlagen — aber ich finde nur noch die Überschrift: die folgenden Blätter sind leer und weiß, als wäre nie etwas darauf gedruckt gewesen. Was ist da geschehen? In der ganzen Stadt ist kein leidenschaftlicher Mensch mehr zu finden! Sogar das Vieh ist gescheiter geworden. Erst am nächsten Tag lesen wir in der Zeitung, daß die Volksvertretung einen Beschluß zur Aufhebung der Leidenschaften gefaßt hat. Da endlich wird uns klar, was mit uns geschehen ist.“

Dieser Auszug aus dem Tagebuch eines Zeitgenossen wird hinreichen, die Stimmung, die nach dem Beschluß der Volksvertretung im Volke entstanden ist, klarzumachen. Bald wurde die Leidenschaftslosigkeit zu einem selbstverständlichen Zustand und die allgemeine Verwunderung hörte auf. Die Professoren belehrten ihre Schüler über das Kapitel „Leidenschaften“ ungefähr folgendermaßen:

„Einst gab es in der menschlichen Seele auch Leidenschaften, im übrigen eines der schwierigsten und kompliziertesten Kapitel der Psychologie. Aber mit dem Beschluß der Volksvertretung wurden die Leidenschaften aufgehoben, so daß sich dieses Kapitel weder in der menschlichen Seele noch in der Psychologie mehr findet. Am soundsovielten soundsovielten im Jahre soundsoviel wurden die Leidenschaften aufgehoben.“

„Gott sei Dank!“ flüsterten die Schüler. „Wir brauchen es nicht mehr zu lernen.“ Wenn die Prüfungsfrage „Leidenschaften?“ gestellt wurde, so genügte folgende Antwort:

„Am soundsovielten soundsovielten im Jahre soundsoviel wurden durch Beschluß der Volksvertretung die Leidenschaften abgeschafft.“

Wenn die Schüler diesen Satz fehlerlos aufsagten, bekamen sie die Note ,Vorzüglich‘.

So wurde dieses Land vor den Leidenschaften gerettet. Es gedieh von Jahr zu Jahr prächtiger, und einer alten Sage zufolge sollen seine Einwohner nach einer gewissen Zeit zu Engeln geworden sein.

 

Quelle: Dor, Milo (red.), Genosse Sokrates. Serbische Satiren, E. Hunna Verlag, Wien 1963. (Übersetzt von M. Dor und R. Federmann)

Der Führer (3/3)

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So verging der erste Tag, und se folgten weitere, die ebenso verliefen. Nichts ereignete sich, außer kleineren Hindernissen: Sie stürzten in einen Graben, dann in eine Schlucht hinab, stießen auf eine Einfriedung, auf Brombeersträucher, auf eine Flasche, einige voh ihnen brachen sich Beiner oder Arme, mancher zerschlug sich den Kopf; aber alle diese Qualen wurden ertragen. Einige Griese blieben unterwegs liegen, aber sie waren sowieso schon alt. „Sie wären auch gestorben, wenn sie daheim geblieben wären, geschweige denn unterwegs“, sagte der Redner und ermutigte die Menschen zum Weitergehen. Einige kleinere Kinder von ein bis zwei Jahren starben, und die Eltern preßten ihr Herz, denn Gott hatte es so gewollt. Aber auch die Traür ist kleiner, je kleiner die Kinder sind:

„Das ist das geringere Unglück und Gott möge es verhüten, die Eltern erleben zu lassen, daß sie ihre Kinder verlieren, wenn sie heiratsfähig geworden sind. Wenn es so vom Schicksal bestimmt ist, dann ist es besser, sie sterben möglichst bald, dann ist auch die Traür weniger groß!“ tröstete der Redner.

Viele humpelten und wankten, die einen wickelten Tücher um den Kopf und legten kalte Umschläge auf die Beulen, die anderen trugen ihren Arm in der Schlinge: Alle waren zerlumpt und zerissen, von der Kleidung hingen nur Fetzen, aber trotzdem schritt man voll Hoffnung voran. All das war leicht zu ertragen, wenn der Hunger sie nicht gequält hätte. Aber vorwärts mußte man.

Eines Tages ereignete sich etwas Bedeutenderes.

Der Führer ging voran, neben ihm die Mutigsten.

(Zwei fehlten. Von ihnen wußte man nicht, wo sie geblieben waren. Die allgemeine Meinung war, daß sie Verrat begangen hätten und geflüchtet seien. Bei einer Gelegenheit sprach der Redner von ihrem schmählichen Verrat. Es waren nur wenige, die glaubten, sie seien unterwegs zugrunde gegangen. Aber sie schwiegen und sprachen ihre Gedanken nicht aus, um die übrigen nicht zu erschrecken.)

Die andern der Reihe nach hinterher. Plötzlich tat sich eine große und tiefe steinige Schlucht, ein richtiger Abgrund, vor ihnen auf. Der Abhang war so steil, daß man nicht hinabsteigen konnte. Auch die Mutigen blieben stehen und sahen auf den Führer. Er, gesenkten Kopfes, finster, in Gedanken versunken, schwieg und schritt mutig vorwärts tastete mit seinem Stock vor sich hin, bald links, bald rechts, in seiner bekannten Art; das hat ihn, wie viele sagten, noch würdevoller erscheinen lassen. Er sah keinen an, sagte nichts, auf seinem Gesicht zeigten sich keine Veränderungen, keine Spur von Angst. Immer näher kamen sie dem Abgrund. Sogar die Mutigsten wurden totenbleich, aber niemand wagte auch nur mit einem Wort den klugen, scharfsinnigen und mutigen Führer auf die Gefahr aufmerksam zu machen. Noch zwei Schritte und der Führer war am Abgrund. In Todesangst, mit weit aufgerissenen Augen, wichen alle zurück. Die Mutigsten waren gerade im Begriff, den Führer zurückzuhalten, selbst unter Verstoß gegen die Disziplin, aber schon machte er ein-zwei Schritte, und stürzte jäh hinab in die Schlucht.

Verwirrung verbreitete sich, Gejammer, Geschrei, Angst griff um sich. Manche wollten sogar fliehen.

„Haltet doch! Übereilt euch nicht, Brüder! Wird denn ein gegebenes Wort so gehalten? Wir müssen weiter, diesem klugen Menschen nach. Denn er weiß, was er tut; er wäre doch verrückt, sich selbst zu ruinieren! Vorwärts, ihm nach! Dies ist die größte und vielleicht auch die letzte Gefahr, das letzt Hindernis. Wer weiß, ob da, hinter diesem Abgrund nicht der herrlichste fruchtbarste Boden liegt, den der liebe Gott uns zugedacht hat. Nur vorwärts, ohne Opfer geht es nicht!“so sprach der Redner, machte zwei Schritte vorwärts und verschwand in der Schlucht. Ihm folgten die Mutigsten, und ihnen nach stürzten blindlings die anderen.

Ein Gejammer, Stöhnen, Kollern und Ächzen, an dem steilen Abhang jener tiefen, großen Schlucht. Man hätte schwören können, daß keiner lebend, geschweige denn mit heiler Haut aus diesem Abgrund davonkommen werde.

Aber hart ist das menschliche Leben. Der Führer hatte ein seltenes Glück. Im Stürzen blieb er, von Fall zu Fall, am Gebüsch hängen, er wurde nicht verletzt. Es gelang ihm, sich langsam herauszuhelfen und bis zum Rand des Abhangs wieder hochzuklettern.

Während von unten Jammern, Wehgeschrei und dumpfes Stöhnen widerhallte, blieb er regungslos sitzen. Er schwieg nur und dachte. Einige da unten, zerschunden und erzürnt, begannen ihn zu beschimpfen. Aber er nahm überhaupt keine Notiz davon.

Diejenigen, die glücklicher hinabkamen und irgendwo an einem Strauch oder Baum hängengeblieben waren, begannen mit Mühe, aus der Schlucht wieder herauszuklettern. Der eine hatte das Bein gebrochen, der andere den Arm. Einer hatte den Kopf aufgeschlagen, und das Blut rann über sein Gesicht. Es war keiner heil geblieben, außer dem Führer. Sie sahen ihn finster an und stöhnten vor Schmerzen. Und er hob nicht einmal den Kopf. Er schwieg und dachte, wie jeder Weise!

Es verging einige Zeit. Die Zahl der Wanderer wurde kleiner und kleiner. Jeden Tag ging einer verloren; manche verließen den Zug und kehrten zurück.

Von der großen Zahl blieben nur noch etwa zwanzig übrig. In jedem der abgezehrten, erschöpften Gesichter spiegelten sich Verzweiflung und Zweifel, Anstrengung und Hunger. Aber keiner sprach mehr ein einziges Wort. Sie schwiegen genauso wie der Führer und gingen vorwärts. Sogar der feurige Redner schüttelte verzweifelt den Kopf. Anstrengend war dieses Wandern.

Täglich schmolz auch diese Gruppe zusammen, und es blieben zehn Leidensgenossen. Die Gesichter verzerrten sich, und unterwegs war statt einer Unterhaltung nur noch Angstgeschrei und Stöhnen zu hören.

Sie ähnelten mehr Krüppeln als Menschen, gingen auf Krücken und trugen ihre Arme in Schlingen, die am Hals festgebunden waren, und um den Kopf riesige Verbände, Umschläge aus blaüm, baumwollenem Tuch. Und wenn sie auch bereit gewesen wären, neü Opfer zu bringen, so wären sie doch nicht dazu in der Lage gewesen, denn an ihrem Körper gab es fast keine Stelle mehr für neü Verletzungen und Wunden.

Auch die Mutigsten und Härtesten hatten bereits Glauben und Hoffnung verloren, aber dennoch gingen sie weiter, das heißt, sie quälten sich auf verschiedene Weise unter Wehklagen und Stöhnen voran. Und was wollten sie anderes tun, sie konnten nicht mehr zurück. Aufgeben – nach so vielen Opfern?!

Es war finster geworden. Sie hinkten auf ihren Krücken dahin bis sie den Führer aus den Augen verloren. Er war nicht mehr vor ihnen. Einen Schritt noch und sie stürzten ein zweites Mal in die Schlucht.

„A-jaoj, mein Bein!“

„A-jaoj, meine Mutter, meine Hand!“

„A-jaoj!“ hallte das Gejammer wider, dann: Röcheln, Ächzen, und Stöhnen. Eine dumpfe Stimme fluchte sogar auf den stattlichen Führer, eh sie wieder verstummte.

Als es hell wurde, saß der Führer genauso da wie an jenem Tag, als sie ihn zum Führer wählten. An ihm waren nicht die geringsten Änderungen festzustellen.

Aus der Schlucht kroch der Redner heraus, noch zwei folgten ihm. Sie drehten sich, verunstaltet und blutig, nach allen Seiten, um zu sehen, wie viele von ihnen übriggeblieben waren, aber sie waren nur noch drei. Todesangst und Verzweiflung erfüllte ihre Seele. Die Gegend war unbekannt, bergig, nackter Stein, und nirgends ein Pfad. Noch vor zwei Tagen hatten sie einen Weg überqürt und hinter sich gelassen. Der Führer hatte sie so geführt.

Sie dachten an so viele Bekannte und Freunde, an die große Verwandtschaft, die auf diesem wundertätigen Wege zugrunde gegangen waren. Und es überkam sie Trübsal, stärker als der Schmerz in den verstümmelten Gliedern. Sie sahen mit eigenen Augen ihren Untergang.

Der Redner kam auf den Führer zu und begann mit erschöpfter, zitternder Stimme voll von Schmerz, Verzweiflung und Bitterkeit:

„Wo wollen wir denn hin?“

Der Führer schwieg.

„Wo führst du uns hin und wo hast du uns hingebracht? Wir haben uns dir anvertraut, samt unseren Familien, und folgten dir. Wir haben unsere Häuser und die Gräber unserer Vorfahren verlassen in der Hoffnung, dem Untergang in jener unfruchtbaren Gegend zu entgehen, du aber hast uns vollkommen zugrunde gerichtet. Zweihundert Familien haben wir mitgenommen und jetzt, zähl nach, wie viele noch übriggeblieben sind.“

„Nun, seid ihr nicht alle vollzählig?“ murmelte der Führer zwischen den Zähnen, ohne den Kopf zu heben.

„Wie kannst du so fragen? Heb den Kopf, sieh mal und zähl nach, wieviel von uns auf diesem unglücklichen Weg übriggeblieben sind! Sieh uns mal an, wie wir aussehen und wie wir zugerichtet sind. Es wäre besser, wir wären gestorben, als mißgestaltet fortzuleben!“

„Ich kann euch nicht ansehen!“

„Warum denn nicht?!“

„Ich bin blind!“

Es wurde totenstill.

„Hast du denn dein Augenlicht unterwegs verloren?“

„Nein, ich bin schon blind geboren.“

Die drei ließen verzweifelt ihre Köpfe hängen.

Der Herbstwind brauste unheimlich durch das Gebirge und trug das verwelkte Laub dahin; die Berge waren von Nebel eingehüllt, und in der kalten, feuchten Luft rauschten die Flügel der Raben, und ihr unheilverkündendes Krächzen hallte wider.

Die Sonne verbarg sich hinter den Wolken, die hastig irgendwohin weitereilten.

In Todesangst sahen sich die drei an.

„Wo wollen wir jetzt hin?“ zischte einer mit einer Grabesstimme.

„Wir wissen es selbst nicht!“

 

Quelle: Vukić, Miodrag (red.), Jugoslawische Erzähler der Gegenwart – eine Anthologie, Reclam, Stuttgart 1962. (Übersetzt von Miodrag Vukić)

Der Führer (2/3)

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Am nächsten Tag versammelte sich alles, was den Mut besaß, mit auf den weiten Weg zu gehen. Mehr als zweihundert Familien kamen zur verabredeten Stelle, und nur wenige blieben daheim zurück, um den alten Herd zu hüten.

Es war ein trauriges Bild, dieser Haufen elender Menschen, die die bittere Not zwang, das Land, in dem sie geboren worden waren und in dem die Gräber ihrer Vorfahren lagen, zu verlassen. Ihre Gesichter waren hager, erschöpft, von der Sonne verbrannt. Das Leid vieler mühevoller Jahre hinterließ Spuren auf ihnen, verlieh ihnen einen Ausdruck des Elends und bitterer Verzweiflung. Aber in diesem Augenblick spiegelte sich in den Augen der erste Strahl der Hoffnung – aber auch des Heimwehs. Manchem Greis floß eine Träne über das verrunzelte Gesicht, er seufzte verzweifelt, schüttelte den Kopf mit einer bösen Vorahnung und hätte lieber noch ein paar Tage abgewartet, bis auch seine Knochen in diesem Karst hätten ruhen können, statt nach einer besseren Heimat zu suchen. Viele Fraün stimmten laute Klagelieder an und verabschiedeten sich von den Verstorbenen, denen sie die Gräber nun selbst überließen.

Die männer rissen sich zusammen, und um nicht auch weich zu werden, schrien sie:

„Verdammt, wollt ihr denn weiter in dieser verfluchten Gegend hungern und in diesen Löchern hausen?“ Aber auch sie hätten am liebsten diese ganze verfluchte Gegend und ihre armseligen Häuschen mitgenommen, wenn es irgendwie möglich gewesen wäre.

Es war ein Lärmen und Schreien, wie überall, wo große Menschenmassen versammelt sind. Männer wie Fraün und auch die Kinder, die von den Müttern in Wiegen auf dem Rücken getragen wurden, kreischten durcheinander. Auch das Vieh war unruhig geworden. An Vieh hatten sie wenig. Hier und da ein Kalb. Dann ein magerer, struppiger Klepper mit großem Kopf und dicken Beinen, den sie mit allen möglichen groben Decken, Beuteln oder je zwei Säcken über den Saumsattel beladen hatten, so daß das arme Tier unter der Last hin und her wankte; doch hielt es sich aufrecht und wieherte. Andere hatten Eselchen beladen.

Freche Kinder zogen Hunde an Ketten hinter sich her. Wirr mischten sich Reden, Schreien, Fluchen, Wehklagen, Weinen, Kläffen; auch ein Esel machte zwei-, dreimal i-a, i-a, i-a.

Nur der Führer brachte kein Wort hervor, als ginge ihn die ganze Schar und das Durcheinander nichts an. Ein echter Weiser!

Er saß unbeweglich, gesenkten Kopfes, schwieg und dachte. Nur ab und zu spuckte er, das war alles. Aber gerade durch sein sonderbares Verhalten wuchs seine Beliebtheit so, daß jeder bereit gewesen wäre, für ihn, wie man sagt, durchs Feür zu gehen. Häufig konnte man etwa folgendes Gespräch hören:

„Wir können glücklich sein, einen solchen Menschen gefunden zu haben. Hätten wir uns ohne ihn auf den Weg gemacht – Gott behüte – das wäre eine heillose Geschichte geworden, es wäre aus mit uns! Das ist ein kluger Kopf, mein Lieber! Leider schweigt er nur. Noch kein Wort hat er gesprochen!“ sagte einer und sah mit Ehrfurcht und Stolz auf den Führer.

„Was sollte er auch sagen? Wer viel reder, denkt wenig. Kluger Mensch! – Selbstverständlich! Er schweigt nur und denkt nach“, fügte ein anderer hinzu, und auch er blickte voll Ehrfurcht auf den Führer.

„Überlegt, es ist nicht leicht, so viele Menschen zu führen! Er muß denken, wenn er sich eine solche Pflicht aufgebürdet hat!“ sagte wiederum der erste.

Es kam die Zeit zum Aufbruch. Sie warteten ein wenig, weil es vielleicht doch noch jemand hätte einfallen können, sich ihnen anzuschließen. Aber als keiner mehr kam, wollten sie nicht mehr länger zögern.

„Wollen wir losziehen?“ fragten sie den Führer.

Er stand auf, ohne ein Wort zu sagen.

Die mutigsten Männer reihten sich sofort um ihn, ihm beizustehen und ihn zu beschützen, falls ihm eine Gefahr drohen sollte.

Der Führer zog energisch die Augenbraün zusammen, ging gesenkten Kopfes einige Schritte, schwang würdevoll den Wanderstab vor sich hin, und das Volk zog ihm nach und schrie wieder und wieder: „Er lebe hoch!“

Der Führer ging noch einige Schritte, und stieß gegen den Zaun vor dem Gemeindegebäude. Da blieb er natürlich stehen, die Masse mit ihm. Der Führer wich ein Stückchen zurück und klopfte zwei-, dreimal mit dem Stock gegen den Zaun.

„Was machen wir jetzt?“ fragten sie.

Er schwieg.

„Was – was sollen wir tun?“

„Reißt den Zaun nieder!“ – „Recht so, los!“

„Siehst du denn nicht, daß er mit dem Stock ein Zeichen gibt, was zu tun ist?“ schrien diejenigen, die in der Nähe der Führers standen.

„Da ist die Tür – dort ist tie Tür!“ schrien die Kinder und zeigten auf die Tür, die gegenüber lag.

„Pssst, still Kinder!“

„Gott sei mit uns – was geht hier vor sich?“ bekreuzigten sich einige Fraün.

„Haltet den Mund, er weiß, was zu tun ist. Weg mit dem Zaun!“

Im Nu barst der Zaun, als wäre er nie dagewesen. Sie stiegen über ihn hinweg.

Kaum, daß sie hundert Schritte gegangen waren, fiel der Führer plötzlich in einen großen Dornenstrauch und blieb liegen. Mit Mühe und Not riß er sich heraus und begann mit dem Stock bald nach links, bald nach rechts zu schlagen. Der Zug stockte.

„Was ist denn jetzt schon wieder los?“ schrien die hinteren.

„Sofort den Dornenstrauch durchbrechen!“ schrien die Vornestehenden zurück.

„Da ist der Weg, hinter dem Dornenstrauch! Da ist der Weg, hinter dem Dornenstrauch!“ riefen die Kinder und mit ihnen die aus dem Hintergrund.

„Da ist der Weg – da ist der Weg!“ äfften zornig die Männer neben dem Führer nach.

„Und wer weiß, wohin er uns führt, ihr Blinden? Alle können nicht befehlen. Er wird schon wissen, welcher Weg besser und näher ist! Durchbrechen wir den Dornenstrauch!“

Sie stürzten sich darauf und schlugen eine Bresche.

„A-jaoj!“ zeterte einer, dem ein Dorn in die Hand stach, und ein anderer, dem ein Brombeerzweig ins Gesicht peitschte.

„Ohne Mühe, mein Bruder, gibt es nichts. Man muß sich ein bißchen anstrengen, wenn man etwas erreichen will“, antworteten die Mutigsten.

Nach manchen Anstrengungen hatten sie den Dornenstrauch durchbrochen und zogen weiter.

Eine Zeitlang schleppten sie sich dahin, bis sie auf Holzpfähle stießen.

Auch diese warfen sie um und zogen drüberweg.

An diesem Tag kamen sie nur langsam voran, denn sie hatten noch einige ähnliche kleinere Hindernisse aus dem Weg zu räumen. Und dies bei magerer Kost; der eine hatte nur trockenes Brot und etwas Käse bei sich, der andere nur Brot, um wenigstens ab und zu den Hunger zu stillen. Und mancher hatte nicht einmal Brot. Gott gab die Sommerzeit dazu, und man fand wenigstens hier und da einen Obstbaum.

Obwohl sie, wie gesagt, am ersten Tag nur eine kleine Strecke zurückgelegt hatten, verspürten sie am Abend große Müdigkeit. Besondere Gefahren drohten nicht, auch Unfälle hatte se nicht gegeben. Selbstverständlich kamen bei einem so großen Unternehmen auch Kleinigkeiten vor:

Einer Frau war ein Dornenzweig ins linke Auge gefahren, sie hatte einen feuchten Lappen darumgewickelt.

Ein Holzpfahl schlug auf das Beinchen eines Kindes, es hinkte und jammerte.

Ein Greis stolperte über einen Brombeerstrauch, er fiel und verstauchte sich den Fuß. Ihm wurde eine geriebene Zweibel aufgelegt, er ertrug tapfer den Schmerz und humpelte mutig weiter, auf den Stock gestützt, dem Führer nach. (Viele behaupteten zwar, der Alte lüge, er habe sich gar nicht den Fuß verstaucht, sondern er verstelle sich nur, um zurückkehren zu können.)

Schließlich waren es wenige, die keinen Dorn im Arm oder das Gesicht nicht zerkratzt hatten… Die Männer ertrugen es heldenhaft, die Fraün dagegen verfluchten die Stunde des Aufbruchs, und die Kinder, wie Kinder nun einmal sind, weinten natürlich, denn sie begriffen noch nicht, daß diese Qualen und Schmerzen reich belohnt werden würden.

Zum Glück und zur Freude aller passierte dem Führer nichts. Er, wenn wir ehrlich sein wollen, wurde allerdings auch am meisten beschützt, aber – wahrhaftig – der Mann hatte Glück.

Auf dem ersten Nachtlager beteten sie und dankten Gott, daß sie den ersten Tag glücklich überstanden hatten und daß ihrem Führer nichts, auch nicht das kleinste Übel, zugestoßen war. Da nahm einer aus der Gruppe der Mutigsten das Wort. Über sein Gesicht lief eine Strieme, die vom Brombeerbusch herrührte, aber er achtete nicht darauf:

„Brüder!“ begann er, „nun haben wir, Gott sei Dank, einen Tag glücklich hinter uns. Der Weg ist nicht leicht, aber wir müssen tapfer alle Hindernisse überwinden, denn wir wissen, daß uns dieser qualvolle Weg zu unserem Glück führt. Möge unser allmächtiger Gott den Führer vor jedem Übel bewahren, damit er uns auch weiterhin so erfolgreich führen kann!…“

„Morgen werde ich, wenn das so weiter geht, auch noch mein zweites Auge verlieren!“ brummte die Frau zornig vor sich hin.

„Ach, au, mein Bein!“ schrie der Alte auf, ermutigt durch die Bemerkung der Frau.

Die Kinder piepsten unentwegt und weinten. Und die Mütter beschwichtigten sie, um die Worte des Redners zu hören.

„Ja, du wirst auch das zweite Auge verlieren“, fuhr der Redner auf, „und wenn du beide verlierst…! Was bedeutet es, wenn eine Frau die Augen für eine so große Sache opfert. Schande! Denkst du nicht an das Gute und an das Glück deiner Kinder? Und wenn die Hälfte von uns für diese Sache zugrunde geht – was macht’s! Was ist schon ein Auge. Wozu brauchst du denn die Augen, wenn jemand da ist, um für uns zu sehen und uns zu unserem Glück zu führen? Sollen wir vielleicht wegen deines Auges und wegen der Beine des Alten unser großes Unternehmen aufgeben?“

„Er lügt, der Alte! Der Alte lügt! Er verstellt sich nur, damit er umkehren kann!“ hörte man Stimmen von allen Seiten.

„Brüder, wer nicht mehr mitmachen will“, meldete sich wieder der Redner, „der soll umkehren, anstatt zu jammern und die übrigen aufzuhetzen. Ich jedenfalls, ich werde diesem klugen Führer folgen, solange ich lebe.“

„Alle werden wir folgen, alle ihm, bis an unser Lebensende.“

Der Führer schwieg.

Die Leute begannen ihn wieder zu mustern und flüsterten:

„Er schweigt nur und denkt!“

„Ein weiser Mensch!“

„Sieh dir seine Stirn an!“

„Und immer dieser umdüsterte Blick!“

„Ernst!“

„Mutig ist er, das sieht man an allem.“

„Mutig!“

„Laßt ihn: Zaun, Holzpfähle, Sträucher, alles riß er nieder.“

„Er klopft nur so finster mit dem Stock und spricht nichts!“

„Sei still, wirst sehen, wie du ohne ihn weiterkommst!“

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Der Führer (1/3)

„Brüder und Freunde, ich habe mir all eure Reden angehört. Nun bitte ich euch, hört mir zu.

Alle unsere Beratungen und Gespräche führen zu nichts, solange wir in diesen unfruchtbaren Gegend bleiben wollen. Auf diesem sandigen Boden und auf diesen Steinen ist bisher nichts Rechtes gediehen, nicht einmal, wenn wir Regenjahre hatten, geschweige denn bei solcher Dürre, wie sie vermutlich niemand von uns bisher erlebt hat.

Wie oft werden wir uns noch so zusammenfinden und ins Leere reden? Unser Vieh ist verreckt an Futtermangel, und es fehlt nicht viel, dann werden auch wir mitsamt unseren Kindern verhungern. Wir müssen eine andere, bessere und klügere Lösung finden. Ich denke, er wäre am besten, wir verlassen diese unfruchtbare Gegend und ziehen in die weite Welt, um einen besseres und fruchtbareres Land zu suchen, denn so können wie nicht länger leben.“

So sprach auf einer Versammlung mit müder Stimme einer der Bewohner jener unfruchtbaren Gegend. Wo und wann sich das zugetragen hat, das – denk ich – geht weder euch noch mich etwas an. Die Hauptsache ist, ihr glaubt mir, daß dies irgendwo und irgendwann in irgendeinem Land wirklich geschehen ist – und das genügt. Früher meinte ich nämlich, ich hätte diese ganze Geschichte erdichtet, aber nach und nach befreite ich mich von diesem schrecklichen Irrtum, und heute bin ich fest davon überzeugt, daß all dies, was ich jetzt erzählen werde, irgendwann einmal stattgefunden hat und stattfinden mußte und daß ich diese Geschichte niemals hätte erfinden können.

Die Zuhörer des Mannes – blasse, abgezehrte Gesichter, mit stumpfem, trübem, austruckslosem, fast bewußtlosem Blick, die Hände unter dem Gürtel – schienen nach diesen klugen Worten aufzuleben. Jeder sah sich schon in einer zauberhaften, paradiesischen Landschaft, wo die mühelvolle Arbeit mit reicher Ernte belohnt werden würde.

„Er hat recht – recht hat er…“ begannen die erschöpften Stimmen von allen Seiten zu raunen.

„Ist es nahe?“ hörte man ein gedehntes Flüstern aus einer Ecke.

„Brüder!“ fing ein anderer mit etwas kräftigerer Stimme zu sprechen an. „Wir müssen diesem Vorschlag sofort folgen, so geht es einfach nicht mehr weiter! Wir haben geschuftet und wir haben uns gequält, und trotzdem war alles umsonst. Wir haben uns das Getreide vom Munde abgespart und haben gesät. Aber dann kam die Flut und schwemmte alles weg, Samen und Erde von der zerklüfteten Berghängen, so daß nur der nackte Stein übrigblieb. Sollen wir hier ewig ausharren, von früh bis spät uns abrackern und dennoch hungrig und durstig, nackt und barfuß bleiben? Wir müssen aufbrechen und einen besseren und fruchtbareren Boden suchen, wo unsere mühsame Arbeit mit reicher Frucht belohnt wird.“

„Laßt uns gehen, laßt uns sofort gehen, hier läßt es sich nicht mehr leben!“ erhob sich ein Geflüster und die Masse zerstreute sich, ohne zu wissen wohin.

„Halt, Brüder! Wo wollt ihr hin?“ fing der erste Redner wieder an. „Freilich sollten wir fortziehen, aber so geht das nicht. Wir müssen genau wissen, wohin wir wollen, sonst kommen wir, anstatt uns zu retten, vom Regen in die Traufe. Ich schlage vor , daß wir einen Führer wählen, dem wir alle zu gehorchen haben und der uns den rechten, besten und nächsten Weg führt.“

„Wählen, ja, sofort wählen!“ hörte man von allen Seiten. Es entstand ein allgemeines Durcheinanderreden, ein richtiger Tumult. Jeder sprach, und keiner hörte dem andern zu, noch hätte auch einer den andern verstehen können.

Dann begannen sie sich in kleine Gruppen aufzuspalten; jeder murmelte etwas vor sich hin. Auch diese kleinen Gruppen lösten sich auf, man nahm sich an der Hand, immer zwei und zwei, jeder spricht auf den anderen ein und versucht ihm etwas zu beweisen, zieht ihn am Ärmel und legt ihm die Hand auf den Mund. Und wiederum trafen alle zusammen und wiederum sprachen alle.

„Brüder!“ übertönte eine stärkere Stimme alle anderen heiseren, stumpfen Stimmen. „So kommen wir nicht weiter, alle sprechen durcheinander und keiner hört auf den anderen. Wir wollen einen Führer wählen! Wen könnten wir unter uns wählen? Wer unter uns ist so weit gereist, daß er die Wege kennt? Wir kennen uns alle gut, und dennoch würde ich mich mit meinen Kindern keinem einzigen hier auf dieser Versammlung anvertraün. Sagt mir lieber, wer kennt diesen Wanderer dort, der schon seit heute früh im Schatten am Wege sitzt?“

Es entstand eine Stille, alle wandten sich dem Unbekannten zu und musterten ihn von Kopf bis Fuß.

Jener Mann mittleren Alters, ein gebräuntes Gesicht, das vor lauter Haaren und Bart kaum zu sehen was, saß, schwieg wie bisher und klopfte – wie in Gedanken vertieft – von Zeit zu Zeit mit seinem dicken Wanderstab auf die Erde.

„Gestern habe ich denselben Mann mit einem Jungen gesehen, sie führten sich an der Hand und gingen des Weges. Und gestern am Abend ging der Junge durchs Dorf auf und davon. Der Wanderer aber blieb hier.“

„Brüder! – Laßt diese Kleinigkeiten und Narreteien, wir wollen keine Zeit verlieren. Wer er auch sei, er ist ein Wanderer von weit her. Wenn ihn auch keiner von uns kennt, sicher kann er uns den nächsten und besten Weg weisen. Wie ich ihn einschätze, scheint denkt fortwährend. Ein anderer würde sich bis jetzt schon zehnmal vorlaut eingemischt oder mit irgend jemand ein Gespräch angeknüpft haben, aber er sitzt die ganze Zeit über allein da und schweigt.“

„Natürlich, der Mann schweigt und sinnt über etwas nach. Es kann ja nicht anders sein. Bestimmt ist er sehr klug“, folgerten schließlich auch die anderen. Sie begannen den Fremden von allen Seiten zu mustern, jeder entdeckte an ihm und seinem Äußeren eine andere glänzende Eigenschaft, viele einen Beweis seiner außergewöhnlichen Klugheit.

Es wurde nicht viel Zeit mit Gesprächen zugebracht, und alle einigten sich, es wäre am besten, diesen Wanderer, den ihnen, wie sie sagten, Gott selbst geschickt hatte, zu bitten, sie in die Welt mitzunehmen, um ein besseres Land und einen fruchtbareren Boden zu suchen; er solle ihr Führer sein. Sie wollten sich ihm unterwerfen und ihm bedingungslos folgen.

Sie suchten aus ihrer Mitte zehn Männer aus, die zu dem Fremden gehen sollten, um ihm die Beschlüsse der Versammlung vorzutragen. Sie sollten ihm ihre elenden Verhältnisse schildern und ihn bitten, sich als Füherer ihrer anzunehmen.

So gingen denn zehn, beugten sich demütig vor dem klugen Fremden, und einer von ihnen begann, von dem unfruchtbaren Boden ihres Landes zu sprechen, von den trockenen Jahren und dem Elend, in dem sie sich befanden; er schloß folgendermaßen:

„Diese Umstände zwingen uns, unsere Gegend und unsere Häuser zu verlassen und in die Welt zu ziehen, um eine bessere Heimat zu suchen. Ausgerechnet in diesem Moment, wo wir auf einen so glücklichen Gedanken gekommen sind, scheint sich auch Gott unser zu erbarmen, indem er dich, weiser und vorbildlicher Fremder, zu uns sandte, damit du uns führst und vom Elend erlöst. Wir bitten dich, im Namen aller Einwohner, unser Führer zu sein. Wohin du auch gehen magst, wir folgen dir. Du kennst die Wege und bist wohl auch in einer glücklicheren und besseren Heimat geboren. Wir werden dir gehorchen und uns jedem deiner Befehle beugen. Willst du, weiser Fremder, dich bereit erklären, so viele Seelen vor dem Untergang zu retten, willst du unser Führer sein?“

Der weise Fremde hob während dieser rührenden Rede nicht einmal den Kopf. Er blieb bis zuletzt in derselben Haltung, in der sie ihn vorgefunden hatten: Mit gesenktem Kopf, finster, schweigsam, klopfte er nur hin und wieder mit dem Stock auf den Boden. – Er denkt.

Als die Rede zu Ende war, stieß er kurz und langsam durch die Zähne, ohne dabei die Haltung zu ändern:

„Ich will!“

„Können wir uns also mit dir auf den Weg machen und nach einem besseren Land suchen?“

„Könnt ihr!“ sagte der weise Fremde, ohne den Kopf zu heben.

Jetzt erhob sich Begeisterung und Dank, aber auch daraufhin ließ der Weise kein einziges Wort verlauten.

Die zehn teilten der Versammlung den Erfolg mit und rühmten die Klugheit, die – wie sie erst jetzt richtig gesehen hätten – in ihm steckte.

„Er rührte sich überhaupt nicht vom Fleck, hob nicht einmal den Kopf, um wenigstens zu sehen, wer mit ihm sprach. Er schwieg nur und dachte nach; auf all unsere Reden und Dankesbeteürungen hat er kaum zwei Worte erwidert.“

„Ein richtiger Weiser!“ „Eine seltene Klugheit!“ riefen sie voll Freude von allen Seiten und behaupteten, der Herrgott selbst habe ihn als Engel vom Himmel herabgesandt, um sie zu retten. Jeder glaubte fest an den Erfolg unter der Führung eines solchen Mannes, den nichts auf der Welt aus dem Konzept bringen konnte.

So wurde auf der Versammlung beschlossen, noch am nächsten Morgen bei Sonnenaufgang aufzubrechen.

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Gedanken eines einfachen serbischen Ochsen

Es gibt so viele Wunder auf der Welt. Aber unser Land ist, wie viele sagen, an Wundern in solchem Maße reich, daß die Wunder schon gar keine Wunder mehr sind. So gibt es bei uns Menschen in höchsten Stellungen, die denken nich daran zu denken. Zum Ausgleich dafür, oder vielleicht auch anderen Gründen, wagte sich ein ganz gewöhnlicher Bauernochse, der sich in nichts von der übrigen serbischen Ochsen unterschied, an diese ungewohnte Arbeit: Er dachte! Der liebe Gott mag wissen, warum sich dieser geniale Ochse zu einme so kühnen Unternehmen, nämlich zum Denken, entschloß, denn es hat sich bisher gezeigt, daß man von diesem unglückseligen Handwerk in Serbien nur Schaden ernten kann. Vielleicht wußte der arme Kerl nicht, daß sich in seiner Heimat dieses Handwerk nicht rentiert. So wollen wir es nicht seiner besonderen Zivilcourage zuschreiben, wenn es auch rätselhaft bleibt, warum gerade ein Ochse denkt: Ist er doch weder Wähler noch Gemeinderat, noch Bürgermeister, und es hat ihn auch niemand als Abgeordneten in ein Ochsenparlament gewählt, oder gar, wenn er alt genug ist, als Senator. Sollte der Sünder allerdings davon geträumt haben, in einem Ochsenland Minister zu werden, so müßte er sich im Gegenteil darin über, so wenig als möglich zu denken, wie dies die besten Minister einiger glücklicher Länder tun. Nun, auch hierein hat unser Land kein Glück!

Aber schließlich, was soll es uns kümmern, daß ein Ochse in Serbien sich dieses von den Menschen vernachlässigten Handwerks angenommen hat! Es kann ja auch sein, daß er eben aus einem natürlichen Instinkt zu denken began.

Was für ein Ochse ist das nur?!

Ein ganz gewöhnlicher Ochse. Wie die Zoologen sagen würden, hat er einen Kopf, Rumpf, Glieder und alles übrige genau so wie die anderen Ochsen. Er zieht den Wagen, frißt Gras, leckt Salz, käut wieder und brüllt.

Er heißt Sivonja, der graue Ochse.

So also begann er zu denken…

Eines Tages spannte sein Herr ihn und seinen Freund Galonja von den Wagen, lud auf den Wagen mehrere gestohlene Holzpfähle und fuhr sie in die Stadt, um sie zu verkaufen.

Sein Herr verkaufte die Pfähle, kaum daß er die ersten Häuser der Stadt erreicht hatte, nahm das Geld, schirrte Sivonja und seinen Freund aus, machte die Kette fest, mit der die beiden Ochsen am Joch angeschirrt waren, warf ihnen eine aufgebundene Garbe Maisstroh vor und kehrte gut gelaunt in einer kleinen Kneipe ein, um sich – recht wie ein Mann – mit einigen Schnäpsen zu stärken. In der Stadt war ein Fest. Männer, Frauen und Kinder strömten vorbei.

Galonja, der auch sonst unter den Ochsen als ziemlich dumm bekannt war, achtete auf nichts, sondern machte sich allen Ernstes an das Mittagsmahl, aß sich dick und satt, brüllte vor Zufriedenheit, legte sich nieder und begann in süßem Schlummer wiederzukäuen. Dier verschiedenen Menschen, die an ihm vorüberströmten, verwunderten ihn nicht. Er schlummerte und käute wieder.

(Schade, daß er kein Mensch ist, denn er besitzt all Anlagen zu einer großen Karriere.)

Sivonja indessen rührte keinen Bissen an. Sein bäurischer Blick und sein trauriger Gesichtsausdruck sagten auf den ersten Blick, daß er ein Denker war und eine empfindsame Seele dazu.

Menschen zogen an ihm vorüber, Serben, stolz auf ihre große Vergangenheit, auf ihre Namen, auf ihr Volk. Diesen Stoltz trugen sie mit ihrer steifen Haltung und in ihrem Gang zur Schau. Sivonja schaute sich das an und plötzlich überkam ihr Schmerz über die große Ungerechtigkeit der Welt. Er konnte diese heftige Rührung nicht unterdrücken. Er brüllte traurig und in seinen Augen schwammen Tränen.

Vor Schmerz begann Sivonja zu denken: „Worauf ist mein Herr und alle seine serbischen Mitbürger eigentlich so stolz? Warum tragen sie ihren Kopf so hoch und blicken mit geschwollenem Hochmut und mit Verachtung auf mein Geschlecht herab?…

Sie sind stolz auf ihr Vaterland, sie sind stolz darauf, daß ihnen das gütige Schicksal zuteil wurde, hier in Serbien geboren zu sein.

Nun, auch mich hat meine Mutter hier in Serbien gekalbt, und dies ist nicht nur meine Heimat und die meines Vaters, sondern auch meine Vorfahren und wieder deren Vorfahren sind alle zusammen aus ihrer alten slawischen Urheimat in diese Gegend gekommen. Und keiner von uns Ochsen brüstet sich deshalb, sondern wir waren immer nur stolz darauf, wer die schwerste Last bergauf ziehen konnte. Und kein Ochse hat jemals zu einem deutschen Ochsen gesagt:

,Was wilst du denn, ich bin ein serbischer Ochse, meine Heimat ist das ruhmreiche Land Serbien. Alle meine Ahnen wurden heir gekalbt. Und hier, in diesem Lande sind auch die Gräber meiner Vorfahren!‘

Gott bewahre, damit haben wir uns niemals gebrüstet, das wäre uns im Traum nicht eingefallen.

Und darauf sind sie nun stolz, diese seltsamen Menschen!“

Under solchen Gedanken schüttelte der Ochse traurig den Kopf, die Kuhglocke an seinem Hals schellte und das Joch knarrte.

Galonja öffnete die Augen, schaute seiene Kameraden an und brüllte:

„Da machst du nun wieder deine Dummheiten! Iß doch lieber, du Dummkopf und mäste dich. Siehst du nicht, daß man deine Rippen zählen kann? Wenn das Denken so gut wäre, dann hätten es die Menschen bestimmt nicht uns Ochsen überlassen. Ein solches Glück wäre uns nicht zuteil geworden!“

Sivonja sah seinen Freund mitleidig an, wandte seinen Kopf ab und vertiefte sich wiederum in seine Gedanken.

„Sie sind stolz auf ihre leuchtende Vergangenheit. Sie haben das Amselfeld und die Schlacht auf dem Amselfeld. Was ist das schon! Nun, zogen denn nicht auch schon damals meine Vorfahren Proviant und Kriegsausrüstung für das Heer? Wären wir damals nicht gewesen, hätten es die Menschen selber tun müssen!

Außerdem haben sie den Aufstand gegen die Türken.

Das ist eine große und edle Sache, aber wer war denn das? Haben etwa jene aufgeblasenen Hohlköpfe den Aufstand gemacht, die sich faul vor mir räkeln, als ob es allein ihr Verdienst gewesen wäre?

Nehmen wir als Beispiel meinen Herrn. Auch er ist aufgeblasen, prahlt mit dem Aufstand und vor allem damit, daß sein Urgroßvater als großer Held im Befreiungskrieg gefallen ist. Nun, ist das sein Verdienst? Sein Urgroßvater hatte ein Recht, darauf stolz zu sein, aber er? Sein Urgroßvater ist gefallen, damit mein Herr frei sein kann. Er ist auch frei, aber was tut er mit seiner Freiheit? Er stiehlt fremdes Holz, setzt sich auf den Wagen und ich muß ihn und das Holz ziehen, während er auf dem Wagen schläft.

Jetzt hat er das Holz verkauft, säuft Schnaps, tut gar nichts und rühmt sich ,seiner‘ leuchtenden Vergangenheit.

Aber wie viele meiner Vorfahren sind während des Aufstandes geschlachtet worden, damit die Kämpfer essen konnten. Und haben sie nicht damals Kriegsausrüstung, Kanonen, Verpflegung und Munition ziehen müssen? Aber uns fällt es nicht ein, uns mit ihren Verdiensten zu brüsten, weil wir uns nicht geändert haben: Wir erfüllen noch heute unsere Pflicht, wie sie auch unsere Vorfahren treu und geduldig erfüllt haben.

Dann sind sie stolz auf die Leiden ihrer Ahnen und auf ihre 500jährige Sklaverei.

Mein Geschlecht hingegen leidet, seitdem es besteht. Wir leiden noch heute und sind Sklaven, wir haben es jedoch nie and die große Glocke gehängt.

Sie sagen, due Türken haben sie gequält, geschlachtet und gepfählt; aber auch meine Vorfahren sind von Serben und Türken geschlachtet und gebraten worden und haben alle möglichen Martern erlitten.

Und dann sind sie stolz auf ihren Glauben – dabei glauben sie an gar nichts!

Bin denn ich oder mein Geschlecht daran schuld, daß sie uns nicht ins Christentum aufnehmen?

Ihr Glaube befiehlt ihnen: ,Du sollst nicht stehlen!‘

Nun, bitte, mein Herr stiehlt und säuft mit dem Geld, das er für seinen Diebstahl bekommen hat.

Der Glaube erlegt ihnen auf, ihrem Nächsten Gutes zu tun, aber sie fügen einander nur Böses zu.

Bei ihnen ist man der beste Mensch und gilt als Muster an Tugend, wenn man schlechte Taten unterläßt, aber es fällt natürlich niemandem ein, von einem zu fordern, nicht nur das Böse zu unterlassen, sondern darüber hinaus auch Gutes zu tun.

Sieh, wie tief sie gesunken sind, daß ihre Muster an Tugend jenen unnützen Menschen gleichen, die es bloß unterlassen, anderen Böses zu tun.“

Der Ochse seufzte tief und sein Seufzer wirbelte den Staub von der Straße auf.

„Ist denn dann,“ fuhr er in seinen traurigen Gedanken fort, „mein Geschlect nicht besser als sie alle? Ich habe noch niemanden getötet, keinem Schlechtes nachgesagt, keinem etwas gestohlen; niemand schuldlos aus dem Staatsdienst entlassen, in der Staatskasse kein Defizit gemacht und keinen betrügerischen Bankrott; niemals unschuldige Menschen gefesselt und verhaftet; meine Kameraden nicht verleumdet; meine öchsischen Grundsätze nicht preisgegeben; kein falsch Zeugnis abgelegt; ich war niemals Minister und habe dem Land keinen Schaden zugefügt, aber abgesehen davon, daß ich nichts Schlechtes getan habe, tue ich auch noch jenen Gutes, die mir Böses tun.

Als meine Mutter mich kalbte, haben mir die schlechten Menschen gleich die Muttermilch entzogen. Der liebe Gott hat das Gras vermutlich für uns Ochsen zuerst geschaffen und nicht für die Menschen und trotzdem nehmen sie uns auch noch das Gras vor dem Maule weg. Trotz der vielen Schläge ziehen wir den Menschen die Wagen, pflügen für sie und schaffen ihnen dadurch ihr Brot. Ja, und trotz alledem erkennt niemand unsere Verdienste fürs Vaterland an…

Ist das nicht großartig: Der Glaube sagt den Menschen, alle Fasten einzuhalten, aber sie können noch nicht mal das bißchen Fasten bestehen, während ich und mein ganzes Geschlecht das ganze Leben über fasten, seit sie uns vom Muttereuter vertrieben haben.“

Der Ochse senkte den Kopf, als ob er sich über etwas Kummer machte, hob ihn wieder hoch, schnaufte zornig, und es schien, als ob ihm etwas Wichtiges einfiele und ihn quäle. Auf einmal brüllte er voll Lust: „Jetzt hab ich’s, das muß es sein!“ und setzte seine Gedanken fort:

„Also das ist es: Sie brüsten sich mit der Freiheit und den Bürgerrechten. Darüber muß ich ernsthaft nachdenken.“ Er dachte und dachte, aber es wollte nicht recht stimmen. „Worin bestehen eigentlich ihre Rechte? Wenn ihnen die Polizei befiehlt, ihre Stimme abzugeben, dann tun sie das. Nun, das könnten wir ja schließlich auch: Jaaa! muhen. Und wenn es ihnen die Polizei untersagt, dann dürfen sie weder stimmen noch sich in die Politik einmischen, genau wie wir. Wir brüllen wenigstens noch und wedeln mit dem Schwanz, aber sie haben nicht einmal die Courage dazu.“

Unterdessen kam sein Herr aus der Kneipe heraus, betrunken, mit wankenden Beinen und trüben Augen, stammelte unverständliche Worte und steuerte im Zick-zack auf den Wagen zu.

„Da sehen Sie, wie dieser stolze Nachkomme seine Freiheit gebraucht, die seine Vorfahren für ihn mit ihrem Blute erkämpft haben. Nun, mein Herr ist betrunken und stiehlt, aber wie haben die anderen stolzen Nachkommen ihre Freiheit genutzt?

Vornehmlich damit, daß sie nichts arbeiten und sich der Vergangenheit und der Verdienste ihrer Ahnen rühmen. Woran sie überhaupt keinen Anteil haben, nicht einmal so viel wie ich.

Und wir Ochsen sind genau so fleißige und nützliche Arbeiter wie es unsere Ahnen waren. Wir sind Ochsen, das stimmt, aber wir können auf unsere mühsame Arbeit und unsere Verdienste stolz sein.“

Der Ochse seufzte tief und neigte seinen Nacken in das Joch.

 

Quelle: Vukić, Miodrag (red.), Jugoslawische Erzähler der Gegenwart – eine Anthologie, Reclam, Stuttgart 1962. (Übersetzt von Miodrag Vukić)

Das Brandmal

Ich hatte einen furchtbaren Traum. Ich wunderte mich nicht so sehr über den Traum selbst als über meinen Mut, so fürchterliche Dinge zu träumen, da ich doch ein stiller und redlicher Bürger Serbiens bin. Wäre ich wenigstens eine Ausnahme unter meinen Mitbürgern! Ich bin es gar nicht; ich gleiche allen anderen aufs Haar, ja, ich kann sogar behaupten, daß ich noch vorsichtiger bin als sie. Einmal sah ich auf der Straße den abgerissenen Knopf einer Polizeiuniform liegen; ich starrte fasziniert auf seinen zauberhaften Glanz und wollte, braver Gedanken voll, gerade an ihm Vorbeigehen, als es in mir jäh einen Ruck gab. Ich verneigte mich ehrfürchtig und setzte schnell das süße, untertänige Lächeln auf, mit dem man die Obrigkeit zu grüßen pflegt.

Alle Achtung! dachte ich. In meinen Adern fließt wirklich edles Blut. Mit einem verachtungsvollen Blick strafte ich einen Lümmel, der gerade des Weges kam und mit seinem schmutzigen Stiefel auf den Knopf trat.

„Dreckfink!“ rief ich zornig und spuckte vor ihm aus. Dann ging ich beruhigt weiter und tröstete mich mit dem Gedanken, daß es nur wenige solcher Lümmel in unserem Lande gibt. Ich war von der Gewißheit erfüllt, daß mir der liebe Gott ein empfindsames Herz und edles Heldenblut beschert hat, dasselbe, das auch in den Adern meiner Vorfahren geflossen ist.

Sie sehen, ich bin wirklich ein netter Mensch, der sich in nichts von anderen Bürgern unterscheidet. Auch Sie werden sich wundern, wieso gerade mir so dumme und grausame Dinge im Traum widerfahren.

An diesem Tag ereignete sich nichts Besonderes. Ich aß ausgiebig zu Abend, stocherte eine Zeitlang in den Zähnen und trank dazu langsam meinen Wein. Nachdem ich auf diese Weise von meinen bürgerlichen Rechten mutig Gebrauch gemacht hatte, legte ich mich ins Bett und nahm ein Buch zur Hand, um schneller einschlafen zu können. Wirklich fiel mir das Buch bald aus der Hand, und ich schlief ein wie ein Lamm, ruhigen Gewissens, weil ich an diesem Tag all meine Pflichten aufs genaueste erfüllt hatte.

Plötzlich befand ich mich auf einem schmutzigen und steilen Pfad, mitten in klarer, dunkler Nacht. Der Wind pfiff durch kahle Äste und stach mich in die bloße Haut. Von dem stummen, grausamen Himmel wehte mir ein feines Schneegeriesel ins Gesicht und in die Augen. Nirgends eine Seele! Ich beeilte mich und rutschte wiederholt aus auf diesem schlammigen Weg. Ich stürzte, richtete mich wieder auf und irrte, wer weiß wohin; die Nacht war keine gewöhnliche Nacht, sondern eine unendliche Nacht, wie ein ganzes Jahrhundert.

So ging ich viele Jahre, der Weg führte mich weit weg von meiner Heimat, in ein unbekanntes, seltsames Land, von dem kein Mensch weiß und das man nur im Traum betritt.

Auf dem Irrweg durch dieses Land kam ich in eine große, dichtbevölkerte Stadt. Auf dem geräumigen Marktplatz dieser Stadt hatte sich eine große Menschenmenge angesammelt und machte so entsetzlichen Lärm, daß einem die Ohren gellten. Ich kehrte in einem Gasthaus ein und fragte den Wirt, warum diese Menge sich angesammelt habe.

„Wir sind ruhige, anständige Leute“, begann er. „Wir dienen treu und gehorsam unserem Gemeindediener.“

„Ist bei euch der Gemeindediener der Höchste?“ unterbrach ich ihn.

„Ja, bei uns regiert der Gemeindediener; nach ihm kommen die Gendarmen.“

Ich begann zu lachen.

„Warum lachst du? Hast du das nicht gewußt? Woher kommst du?“

Ich erzählte ihm, daß ich mich verirrt hatte und daß ich aus dem fernen Land Serbien kam.

„Ich habe schon von diesem berühmten Land gehört“, flüsterte er und sah mich voller Respekt an. Dann fügte er laut hinzu: „So ist es also bei uns. Der Gemeindediener regiert mit seinen Gendarmen.“

„Was für Gendarmen sind denn das?“

„Gendarmen? Deren gibt es verschiedene, sie unterscheiden sich voneinander je nach dem Rang. Es gibt Vorgesetzte und Untergebene… Wir sind, wie gesagt, ruhige und anständige Leute, aber aus der Umgebung kommt allerhand Gelichter in die Stadt, um uns zu verderben und Böses zu lehren. Damit unsere Bürger sich von allen anderen schon äußerlich unterscheiden, hat unser Gemeindediener für morgen alle Einwohner der Stadt ins Rathaus befohlen, wo jedem ein Brandmal auf die Stirn gedrückt werden wird… Die Menge hat sich nun versammelt, um zu beraten, was geschehen soll.“

Ich erschauerte und nahm mir vor, aus diesem furchtbaren Land zu fliehen, weil ich — obgleich ein edler Serbe — an solches Heldentum nicht gewöhnt war und mich dessen schämte.

Der Wirt lächelte wohlwollend und klopfte mir auf die Schulter.

„Na, Fremder? Du bist doch nicht etwa erschrocken?“ fragte er hochmütig. „Na ja, soviel Mut wie bei uns haben die Leute nirgends.“

„Was gedenkt ihr zu tun?“ fragte ich kleinlaut.

„Du wirst schon sehen, was für Helden wir sind. Ich bin weit herumgekommen, aber soviel Courage habe ich nirgends gefunden. Komm mit; ich muß mich jetzt beeilen.“

Wir wollten gerade weggehen, als vor der Tür ein Peitschenknall erscholl. Ich spähte hinaus und sah, wie ein Mann in einem bunten Anzug und mit reichgeschmücktem Dreispitz auf einem anderen Mann ritt, der einen gutgeschnittenen bürgerlichen Anzug trug; sie hielten vor dem Gasthaus, der Mann mit dem Dreispitz trat ein und setzte sich an einen besonders schön gedeckten Tisch. Der Wirt verneigte sich bis zur Erde, zuerst vor ihm, dann auch — etwas weniger tief — vor dem Mann im bürgerlichen Anzug, der draußen wartete.

„Was bedeutet das?“ fragte ich verwirrt.

„Der Herr mit dem Dreispitz ist ein höherer Gendarm“, flüsterte der Wirt, „und der Mann, der draußen steht, ist einer der angesehensten Bürger unserer Stadt. Er ist sehr reich und ein großer Patriot.“

„Warum erlaubt er dann, daß der Dreispitz auf ihm reitet?“

Der Wirt zog mich etwas auf die Seite, lächelte überlegen und sagte: „Bei uns betrachtet man das als eine Ehre, die einem selten zuteil wird.“

Er erzählte mir noch eine Menge, aber ich konnte in meiner Aufregung nichts behalten; nur die letzten Worte blieben mir im Ohr: „Das ist ein großer Dienst am Vaterland, den nicht jedes Volk zu schätzen weiß.“

Wir kamen zur Versammlung, als man gerade im Begriff war, das Ehrenpräsidium zu wählen. Die eine Gruppe hatte einen gewissen Kolb als Kandidaten aufgestellt, eine andere einen gewissen Talb und die dritte einen Kandidaten, an dessen Namen ich mich nidit erinnere. Es entstand großer Tumult, weil jede Gruppe unbedingt ihren Mann durchsetzen wollte.

„Ich glaube, daß man als Präsidenten einer so wichtigen Versammlung keinen besseren Mann finden kann als Kolb“, sagte einer aus der ersten Gruppe. „Seine bürgerlichen Tugenden und sein Mut sind uns allen wohlbekannt. Ich glaube, auf keinem anderen sind unsere Häuptlinge so oft geritten wie auf ihm.“

„Was sprichst du da?“ zischte einer aus der zweiten Gruppe. „Auf dir ist nicht einmal ein Praktikant geritten!“

„Wir kennen eure Tugenden!“ schrie einer aus der dritten Gruppe. „Ihr habt nicht einen einzigen Peitschenhieb ausgehalten, ohne zu winseln!“

„Brüder!“ begann Kolb. „Einigen wir uns! Es ist wahr — auf mir sind unsere Würdenträger schon vor zehn Jahren geritten, sie haben mich tüchtig mit der Peitsche traktiert, und ich habe nicht geschrien. Aber vielleicht gibt es verdienstvollere Leute unter uns, jüngere Kräfte.“

„Es gibt keine!“ schrien seine Anhänger.

„Wir wollen nichts von früheren Verdiensten hören!“ schrie einer aus der zweiten Gruppe. „Es ist schon zehn Jahre her, daß ein Höherer auf Kolb geritten ist!“

„Es gibt jüngere Kräfte!“ schrie die dritte Gruppe. „Wir wollen von den Alten nichts mehr wissen!“

Die Menge verstummte plötzlich und bildete eine Gasse, durch die ein junger Mann von etwa dreißig Jahren geschritten kam. Alle, an denen er vorbeiging, verbeugten sich tief.

„Wer ist das?“ fragte ich den Wirt.

„Der Erste unter den Bürgern. Ein noch junger, aber vielversprechender Mann. Trotz seiner Jugend ist der Gemeindediener schon dreimal auf ihm geritten. Er ist sehr populär.“

„Vielleicht fällt die Wahl auf ihn.“

„Das ist mehr als sicher. Alle bisherigen Kandidaten sind schon ältere Leute, über die die Zeit schon hinweggegangen ist. Auf dem Jungen ist der Gemeindediener erst gestern geritten!“ Und er fügte ehrfürchtig hinzu: „Er heißt Kleard.“

Man ließ Kleard den Ehrenplatz.

„Ich glaube“, unterbrach Kolb die Stille, „daß wir keinen besseren Mann zum Präsidenten bekommen können als Kleard. Er ist jung, und die Älteren unter uns können sich bei weitem nicht mit ihm messen.“

„So ist es! Es lebe Kleard!“ rief die Menge.

Kolb und Talb führten ihn zum Präsidentenpodium. Alle verneigten sich tief.

„Ich danke euch, Brüder“, sagte Kleard, „für eure Aufmerksamkeit und für diese hohe Ehre, die ihr mir heute einhellig erwiesen habt. Die Hoffnungen, die ihr in mich gesetzt habt, sind sehr schmeichelhaft. Es ist nicht leicht, die Wünsche des Volkes in diesen schweren Tagen in die Tat umzusetzen. Aber ich werde mich mit allen Kräften bemühen, euer Vertrauen zu rechtfertigen; ich werde euch überall würdig vertreten und mein Ansehen hochhalten. Ich danke euch, Brüder, für die Wahl.“

„Er lebe! Er lebe! Er lebe!“ donnerte es von allen Seiten.

„Gestattet mir, Brüder, euch nun einiges über das bevorstehende wichtige Ereignis zu sagen. Es ist nicht leicht, all die Schmerzen und Qualen, die uns erwarten, zu ertragen; es ist nicht angenehm, wenn einem mit glühendem Eisen ein Brandmal auf die Stirn gedrückt wird. Ja, diesen Qualen ist nicht jeder gewachsen. Die Feiglinge mögen zittern und vor Angst erbleichen, wir aber werden in keinem Augenblick vergessen, daß wir Nachkommen unserer großen Vorfahren sind und daß in unseren Adern das edle Heldenblut unserer Urgroßväter fließt, jener furchtlosen Ritter, die nicht einmal mit den Zähnen knirschten, als sie für die Freiheit und für unser aller Wohl starben. Gering sind unsere Schmerzen, verglichen mit ihren Opfern. Sollen wir uns als dekadent und feig erweisen, jetzt, da wir in Freiheit und Überfluß leben? Jeder echte Patriot wird es nicht zulassen, daß unsere Art sich vor aller Welt mit Schande bedeckt, er wird darum die Schmerzen männlich und gefaßt ertragen.“

„So ist es! Er lebe! Er lebe!“

Es meldeten sich noch einige feurige Redner, die mit denselben Worten wie Kleard das eingeschüchterte Volk ermutigten. Dann meldete sich ein blasser, erschöpfter Greis mit zerfurchtem Gesicht und schneeweißem Haar und Bart. Er ging gebückt, und vor Altersschwäche zitterten ihm Knie und Hände. Seine Stimme bebte, und in seinen Augen glänzten Tränen.

„Kinder!“ begann er, und die Tränen rollten ihm durch die Gesichtsfurchen in den weißen Bart. „Ich werde bald sterben, aber ich werde diese Schande nicht über mich ergehen lassen! Ich habe hundert Jahre ohne ein Sklavenmal gelebt, und jetzt soll ich es mir auf meinen grauen Schädel drücken lassen?“

„Nieder mit dem alten Halunken!“

„Nieder mit ihm!“ schrien die einen.

„Der alte Feigling!“ schrien die anderen.

„Statt die Jüngeren zu ermutigen, erschreckt er nur das Volk!“ schrien die dritten. „Er soll sich seines grauen Hauptes schämen!“

„Er hat lange genug gelebt, und jetzt hat er noch Angst!“

„Nieder mit dem Feigling! Verräter! Hinaus mit ihm!“

Die aufgeregte Menge junger, mutiger Bürger stürzte sich auf den ausgemergelten Greis und begann in ihrem Zorn, ihn zu schlagen und über den Boden zu schleifen. Nur wegen seines hohen Alters ließen sie ihn am Leben.

Danach schworen alle, daß sie sich am nächsten Tag mit freudigem Gesicht und voller Stolz auf ihre Menschenart das Brandmal aufdrücken lassen würden. Die Versammlung ging in größter Ordnung auseinander.

„Morgen werden wir zeigen, wer wir sind!“

„Morgen werden wir sehen, wie sich die Großmäuler benehmen!“

„Es ist die Zeit gekommen, da jeder zeigen muß, ob er etwas wert ist oder nicht, da die Spreu vom Weizen geschieden wird!“

Ich ging zurück ins Wirtshaus.

„Hast du nun gesehen, wer wir sind?“ fragte stolz der Wirt.

„Ich habe es gesehen“, antwortete ich mechanisch und spürte, wie mich die Kräfte verließen und wie mir der Kopf von den seltsamen Eindrücken brummte.

Am gleichen Tag las ich in der Zeitung einen Leitartikel folgenden Inhalts:

„Bürger! Die Zeit des leeren Geredes ist vorbei! Der Augenblick, da Ihr Euren Wert mit Taten beweisen müßt, ist gekommen! Wir hoffen, daß es unter Euch nicht allzu viele Feiglinge geben wird, die darauf warten, von den Behörden mit Gewalt dorthin gebracht zu werden, wo das Brandmal aufgedrückt wird. Jeder, der in sich noch einen Tropfen vom Heldenblut unserer Vorfahren spürt, wird sich zum Brandmal drängen! Er wird voll Stolz den Schmerz ertragen, denn es ist der Schmerz des Nationalbewußtseins und der Liebe zum Vaterland! Vorwärts, Bürger, zum Morgen der ritterlichen Bewährung!“

Mein Wirt hatte sich gleich nach der Versammlung niedergelegt, um am nächsten Tag schon in aller Frühe aufbrechen zu können.

Viele ließen sieb schon am Abend vor dem Rathaus nieder, um sich die ersten Plätze zu sichern.

Am nächsten Tag ging auch ich vors Rathaus. Groß und klein, Männer und Frauen hatten sich auf dem Platz niedergelassen. Einige Mütter trugen auch ihre Kleinsten auf den Armen, um sie mit dem Sklavenmal, pardon, mit dem Ehrenmal brandmarken zu lassen, damit sie später leichter in den Staatsdienst kommen könnten.

Man drängte sich und schimpfte (darin glichen sie ein wenig uns Serben), stieß mit den Ellbogen, um früher an die Reihe zu kommen. Einige würgten einander.

Das Brandmal drückte ein Beamter in feierlich weißer Kleidung auf.

„Langsam, um Gottes willen!“ beruhigte er das Volk. „Jeder wird an die Reihe kommen. Warum drängt ihr euch so? Ihr seid doch kein Vieh!“

Es ging sehr schnell. Der eine schrie auf, der andere stöhnte nur, aber keiner blieb ganz still.

Ich konnte diese Quälerei nicht länger mit ansehen und ging ins Wirtshaus, in dem schon einige Gebrandmarkte aßen und tranken.

„Jetzt haben wir es hinter uns!“ sagte einer.

„Wir haben nicht einmal gemuckst, und Talb hat geschrien wie ein Esel!“ sagte ein zweiter.

„Da hast du deinen Talb! Und gestern wolltest du ihn zum Präsidenten wählen!“

„Wer hätte das auch ahnen können!“

Während sie sprachen, wanden sie sich in Schmerzen und stöhnten, aber jeder schämte sich vor dem anderen.

Auch Kleard hatte sich nicht bewährt; er hatte gestöhnt. Aber ein anderer, ein gewisser Lear, hatte sich als Held ausgezeichnet. Er hatte von dem Beamten verlangt, ihm zwei Brandmale aufzudrücken. Die ganze Stadt sprach mit größter Hochachtung von ihm. Einige Tage lang ging er mit seinen zwei Brandmalen auf der Stirn stolz und hochmütig, voll Ruhm und von allen bestaunt, durch die Stadt. Er war der Held des Tages. Die Mütter zeigten ihn ihren Kindern und flüsterten ehrfurchtsvoll: „Das ist Lear! Der Held, der nicht gemuckst hat, als man ihm zwei Brandmale auf die Stirn drückte!“ Die Zeitungen schrieben voller Lob über ihn und brachten sein Bild auf der ersten Seite.

Als ich diese Lobgesänge hörte, begann das serbische Heldenblut in mir zu kochen. Auch unsere Vorfahren sind für die Freiheit gepfählt worden! Auch wir haben eine ruhmreiche Vergangenheit! Der Nationalstolz nahm von mir Besitz, und die Eifersucht trieb mich zum Rathaus, wo ich die Ehre meines Volkes retten wollte.

„Was lobt ihr euren Lear?“ schrie ich. „Ihr habt noch nie einen richtigen Helden gesehen! Drückt mir zehn Brandmale auf die Stirn!“

Der Beamte im weißen Anzug beugte sich über mich, er hielt das glühende Eisen schon in der Hand, aber in diesem Augenblick erwachte ich. Ich ärgerte mich entsetzlich. Ausgerechnet in dem Augenblick, da ich Lears Ruhm verdunkeln wollte, mußte mir das passieren!

 

Quelle: Dor, Milo (red.), Ein Orden für Argil: Jugoslawien in Erzählungen seiner besten zeitgenössischen Autoren, Horst Erdmann Verlag,  Lenningen 1965. (Übersetzt von Milo Dor und Reinhard Federmann)